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Les inclus

Les Inclus

Bienvenue au club. On rigole beaucoup dans la petite communauté des Exclus. Plus sans doute que dans celle des Inclus. On ne fait pas que rigoler, ok. Mais presque tout nous fait rire.
On ouvre la télé et, vlan, c’est le fou rire. Une colère noire et le rire en même temps. On n’a plus la télé, mais il arrive qu’on la regarde par hasard chez nos parents ou chez nos copains.
On se rend à un entretien d’embauche et on a du mal à se retenir. Il faut dire qu’on ne décroche un interview qu’une fois tous les 10 ans. On a perdu l’habitude. On a l’impression de débarquer chez des Martiens. On dit n’importe quoi. On ment. Mais, dans notre cas, on le sait, et on sait que ça ne change rien à rien, que ça ne marchera jamais. Sinon, on ne mentirait pas. On ne ment pas bien. On est nul en mensonge. On est ailleurs. Comme des robots, on récite un truc auquel on ne croit pas, dont on ignore le sens. C’est visible. On est étonné nous-mêmes par ce qu’on raconte. On se demande où on appris à dire des choses pareilles.
Dès qu’on nous pose une question, C’EST LE TROU.

— Bonjour.. Votre lettre a retenu notre attention.. Alors vous avez envie de travailler dans…?

Merde, un trou! Alors on improvise, mais on sait que c’est fichu.

— Oui, enseigner, c’est un beau métier. Difficile, mais passionnant!

C’est tout ce qu’on trouve à dire. Alors qu’il aurait fallu se mettre à pleurnicher, dire qu’on aime enseigner avec un trémolo dans la voix, avoir l’air d’un professionnel. Dire qu’on ne COMPREND pas pourquoi on n’a pas été réengagé. Si, on comprend: on est en compétition, il y en a de meilleurs. Mais on connait la matière sur le bout des doigts. On ne sait rien faire d’autre. Voilà ce qu’il faut faire. Il faut dire qu’on mourrait si on n’enseignait pas, parler de ses enfants qui vont à l’école en se tordant. Se faire tout petit, inexistant. INEXISTANT. Se mettre presque à genoux. Sans le faire, bien sûr. Il faut ÉMOUVOIR. Il ne faut pas se tromper de personnage. La vie est un spectacle.

Ce qu’on pense, c’est qu’on vit très bien sans travailler, sans enseigner, surtout dans des écoles à la con, avec des collègues plus nuls que ça tu meurs, qui sont plus doués pour dégoûter n’importe qui d’apprendre quoi que ce soit que pour quoi que ce soit d’autre. De vrais flics. On dirait des radars ambulants. Des autopompes. Ne PAS LEUR PARLER de la matière qu’ils enseignent. Ils savent tout. Mais ils n’ont RIEN À DIRE. Ils ont réussi leurs examens eux. Les LAISSER parler. Ou plutôt ânonner. Des professionnels du matage d’élèves, oui. Ça oui. Ils connaissent tout: la séduction, la menace, la terreur, le chantage, particulièrement le chantage aux points, à la survie dans la classe, dans l’école, voire dans l’existence. Tout.. Ils ne savent que faire la morale. Pas n’importe laquelle.

Bon, j’exagère. Mais à peine. Comment voulez-vous, avec des classes de 25 élèves, dont les trois-quarts pensent que l’école n’est qu’un mauvais moment à passer! Même s’ils disent exactement le contraire. L’école du mensonge!

Non, je n’enseignerai jamais. Je n’enseignerai plus. Le contraire serait absolument invraisemblable. Du reste, ce serait une torture. Je n’ai pas envie de mentir toute la journée. De faire des courbettes devant tous les élèves dont les parents ont des ronds. On n’explique pas non plus à des bêtes de somme qu’on est au chômage depuis 25 ans. Même si c’est de leur faute.

Il n’y pas que lors d’un entretien d’embauche que l’on a affaire à des Martiens. Pour éviter les mauvaises surprises, ou pour ne pas avoir l’impression de me prostituer, je ne vois personne, je ne parle presqu’à personne. Ou bien je dis toujours la même chose. Je parle toujours de la même chose. Avec les cyclistes, je parle du vélo. Avec les automobilistes, je parle de la circulation. Je me suis fait une spécialité de ne parler de rien. Sauf sur Facebook, où je parle de tout. En dehors de Facebook, je ne raconte ma vie qu’à d’autres exclus. Ils me racontent la leur. On se marre. Nos boulots ne durent pas. Les gens avec qui, exceptionnellement, on travaille, sont presque tous fous. Ils passent d’un truc à un autre toute la journée. Ils n’arrêtent jamais. De vrais chronomètres. Quand ils se reposent, c’est pire encore. Et puis, on doit penser comme eux. Impossible de dévier d’un millipoil, de réfléchir d’une autre façon.
Si on dit que le Congo ou la Russie ne sont pas moins de démocraties que la Belgique, on est VIRÉS. C’est terminé. On est pris pour UN MALADE. Il ne reste plus qu’à parler aux murs.
Sur plein de choses, pourtant, on est assez d’accord.
Je ne fréquente pratiquement plus que des services sociaux. Eux au moins s’intéressent à moi.
Je ne parle plus qu’à des immigrés. Eux comprennent quand même un tout petit peu de quoi il retourne, du moins certains. Ils sont plus ouverts.
Les autres, je l’avoue, me font peur.
Pourtant, ils savent être adorables. Très souvent, je suis stupéfié par leur gentillesse. En général, quand on leur laisse faire leur boulot, vous expliquer dans quelle bâtiment et à quel étage, on a rendez-vous, ou quand et comment vous pouvez vous inscrire aux cours que leur boite organise, ils sont délicieux. Ils sourient. Ils rient. Ils devancent vos questions. En fait, c’est Jean qui rit et Jean qui pleure. Ou Jean qui se fâche. Ce sont d’excellents comédiens. Ils sont portés sur les grands sentiments, les émotions. Ils n’ont pas le choix. Ils doivent avoir l’air humain. Même s’ils ne peuvent se permettre de l’être. Alors, quand ils peuvent l’être, il font le maximum. Ils ne lésinent sur rien. Courtois, aimables. Même les automobilistes me stupéfient. En général, malgré les embouteillages, ils sont capables de faire attention à des milliers de choses, de s’arrêter tous les trois mètres, pour laisser filer un vélo, ou traverser un piéton. Ils sont également capables de se garer au milieu de la rue, de bloquer la circulation, pour discuter avec un copain.
On a aboli la monarchie absolue et, du coup, des millions de gens se prennent pour des monarques absolus.
Mais je suis stupéfié par leur méchanceté aussi. Mais permettez-moi de ne pas en parler. Cela nous amènerait trop loin. Les profs, on sait qu’ils savent être méchants. Les juges aussi. Quoiqu’ils ne soient pas tous mauvais. Certains prennent des risques professionnels énormes pour faire condamner un évadé fiscal par exemple.
Les médecins, c’est un peu moins connu. Mais il arrive qu’ils soient méchants. Un chirurgien m’a dit il y a quelque temps, que la moitié de ses patients mourraient au cours de leur opération. Il m’a dit cela froidement. Je viens de lire un article sur un médecin ukrainien qui torturait et tuait les combattants blessés du Dombass qui tombaient entre ses mains et qu’il était censé soigner. En cas de guerre, il en est quelquefois ainsi. En temps de paix, les choses sont moins évidentes. Je me dis qu’il faut se les farcir. Il n’y a rien à faire. À moins de tomber sur une perle. Lorsque c’est le cas, en général, cependant, on se trompe. Je me souviens d’un dentiste qui m’a envoyé à l’hôpital et qui m’a fait souffrir pendant des mois parce que je débattais avec d’autres sur Facebook au sujet de Dieudonné B. qu’à l’époque, l’establishment français avait décidé de virer, d’exclure, de ruiner en même temps. Ça me tracassait. J’étais horrifié. Ses blagues, je les appréciais. il ne me semblait pas qu’il critiquait les uns plus que les autres. Forcément. On était amis sur FB, ce dentiste et moi. Il lisait mes critiques. Surtout celles des autres à mon sujet. On ne me pardonnait pas de militer pour les élections avec des immigrés propalestiniens. Je déteste les antisémites. Mais je ne vois ps comment faire autrement. Mon dentiste avait un petit copain juif. Comme quoi, il n’y a pas qu’au Dombass!
La dentiste chez qui je suis allé après lui vient de se faire virer elle-aussi. Africaine, black, elle-aussi. Elle était marrante. Je m’amusais bien avec elle. Je ne sais plus où aller.
Les Inclus ont une opinion dont ils sont extrêmement fiers et ne tolèrent pas qu’on en ait une autre qu’eux. Mais ils sont incapables d’argumenter. Ils se fâchent. Ils vous excluent, c’est plus simple, dès que vous les contrariez. Et pour se venger, ils déblatèrent sur vous. Ils racontent les pires horreurs sur votre compte. Et, enfin, ils vous ostracisent. Je finis par penser qu’il existe de véritables spécialistes qui vous excluent dès que vous mettez les pieds quelque part, dès que vous pourriez vous mettre à exister un tout petit peu. Ils considèrent comme un devoir de salubrité publique de vous mettre hors d’état de nuire, de vous mettre sur la touche. Parfois, il faut se tenir à distance. Ils sont capables de vous faire arrêter. On n’en a pas fini avec l’arbitraire. Les inclus rêvent. Ils ne veulent rien savoir. Ils préfèrent penser qu’ils vivent en démocratie. Ils en sont convaincus, comme d’un article de foi. Ils critiquent les grèves. Ils ne veulent plus qu’on critique quoi que ce soit. Eux seuls peuvent se permettre de critiquer. À un autre niveau, à chaque manifestation, la police arrête un maximum de gens qu’ils menacent indirectement de jeter à la rue, quand ils ne les envoient pas à l’hôpital.
On est sidéré de voir comme les Inclus font des choses qui nous semblent incroyables. Ils ne prennent pas seulement l’avion de temps en temps, ils font ce que plein de gens font. Ils achètent ce qu’ils trouvent dans les magasins, décorent leur maison. Ils font même des enfants, ce qui ne serait rien s’ils ne les envoyaient pas le plus vite possible l’école. Ils ont beau être à moitié analphabètes, ils voudraient même que leurs enfants réussissent à l’école et visitent des musées. Ils vont voir des expos dont, moi, par contre, je ne comprends pas ce qu’on y trouve. Ou ils parlent toute la journée de foot.
Nous, les exclus, on a pris l’habitude de se débrouiller, de se passer de publicité. On parle de la télé comme certains parlent de la Lune. On regarde faire les journalistes. On se demande comment ils vont faire et on est émerveillé par leur imagination, par leur duplicité. Les inclus, eux, marchent à tous les coups.
Les exclus, nous nous débrouillons pour nous parler quand on se croise, qu’on se revoit, ou entre nous sur les réseaux sociaux qui nous sont encore accessibles, et on milite tous à notre façon. On a rien d’autre à faire. On n’arrête pas non plus de nous moquer des racistes, des gauchistes, des fascistes, de tout le monde. C’est trop marrant. Leur tronche.
Ils — les inclus — dépensent un argent fou et ça nous sidère. En tout cas moi, qui attend chaque année les soldes pour m’acheter des vêtements. Je prend mon temps pour les choisir. C’est sans doute ça qui me diffère des autres consommateurs. Quand je ne trouve pas ce que j’ai envie de manger, je ne mange pas. C’est toujours ça de pris.
Le plus désagréable, c’est ce sentiment d’impuissance quand les Inclus s’en prennent à certains, ou à des petits pays, ou à certains pays du tiers-monde. Qu’ils fichent tout en l’air. Et qu’ils vous demandent même de l’argent pour leurs organisations humanitaires, pour leur permettre de donner l’impression qu’ils font le contraire. Ils n’en ont jamais fini. On a compris qu’ils mentent systématiquement, et avec acharnement. Tout ça au nom de la liberté de pensée.

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La fourmi et la cigale

La fourmi ayant accumulé trop de richesses, et les autres insectes n’ayant plus de travail à cause d’une formidable pénurie, craignait pour sa vie. Méfiante à l’égard de tous, se cherchant une alliée, et pour tenter en même temps de percer à jour ses intentions, elle alla demander conseil à la cigale sa voisine.

« Je ne sais que faire », dit la fourmi
« Mes trésors, sont-ils en danger?
« La nature est exsangue, les mers sont polluées,
« Les matériaux dont je me servais en abondance sont devenus introuvables.
« Je ne suis pas ruinée, parce que j’ai accumulé beaucoup de biens,
« Mais je vis dans l’angoisse, j’ai peur qu’on ne me prenne ce que j’ai. Personne n’a plus de travail, et tout le monde a besoin de se nourrir, la tentation des bêtes est compréhensible.

« Vous travailliez, vous n’avez jamais cessé de travailler
« Vous bossiez toute la journée
« Formidable, quel courage!», répondit la cigale.
« Mais vous n’avez pas réfléchi à grand-chose.
« Il n’y a même plus d’arbres autour de vous, d’herbe. Plus rien ne pousse. »

« J’ai besoin de m’en prendre à d’autres pour me tirer d’affaires, d’inventer des crimes qui n’existent pas et d’accuser tout le monde pour me débarrasser de ceux dont je crains la vengeance », expliqua encore la fourmi.

« Alors qu’il serait plus facile de partager, et de vous entendre avec les autres. Tout le monde vous en saurait gré, » rétorqua la cigale.

« Certes, mais cela ne changerait pas grand chose. Personne n’a plus rien à faire. Mes petites réserves une fois partagées, nous ne mettrions pas longtemps à mourir tous de faim », renchérit la fourmi.

« Mais non, pourquoi, il y a plein de choses à faire. Il suffit de rendre ce monde à nouveau habitable. Vous empêchez tout le monde de faire quoi que ce soit, simplement parce que vous, vous ne pouvez pas faire ce que vous avez l’habitude de faire en faisant travailler les autres: de l’argent.
« Si vous ne vous en preniez pas à tout le monde, les gens finiraient peut-être par s’organiser pour faire autre chose que des voitures, des ordinateurs, des tracteurs.
« Il y a mille choses à faire.
« Vous êtes des centaines dans le même cas. Vous ne savez que faire, alors vous payez des insectes pour faire la guerre aux autres et pour éloigner de vous le danger.
« Je vous répète: partagez! Contentez-vous de produire à une autre échelle, sans songer à accumuler d’énormes profits, sans piller ce qui appartient à d’autres. Il faut nettoyer les cours d’eau, assainir, réhabiliter toute la nature.
« Il y a des coins sur cette planète où les bébés cigales jouent à côté de terrils plein de déchets toxiques, nagent dans des fleuves pleins de pétrole, ou même jouent avec des débris de centrales nucléaires. On ne sait même plus s’il s’agit de fourmis ou de cigales. On les appelle des fougales.
« En attendant, partagez avec moi les denrées de mon petit potager. Vous ne vous nourrissez plus que de boites de conserve. Vous finirez par perdre tout appétit.

« Par chance, vous avez quelques centimètres carrés à vous », répondit encore la fourmi. L’état, autrement dit moi, la fourmi, ne vous a pas tout pris.

« Dans votre grand jardin, vous pourriez faire pousser de quoi nourrir toute la contrée », dit encore la cigale.
« Mais il faudra le dépolluer. Il est rempli de ferraille et vos petites pattes pataugent dans la poussière de plomb et baignent dans le pétrole » ..
« Prenez à cœur de réhabiliter le sols que vous avez laissé se dégrader.
« Je vous apprendrai à faire pousser des radis, des fraises, des chicons, des carottes, sans utiliser un tracteur de trois tonnes…

La fourmi rentra chez elle réconfortée, et ayant, pour une fois, bien mangé. Ainsi, en partageant, évite-t-on bien des désagréments, et même parfois des guerres, qu’on déclare le plus souvent soi-même, dans le seul but de préserver ce qu’on a en grande partie volé.

Monument au travail. Sculptures de Constantin Meunier. Quai aux yachts, Bruxelles.
Monument au travail. Sculptures de Constantin Meunier.
Quai aux yachts, Bruxelles.
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Le Monument et le code du travail

Le Monument du Travail

Il a fallu 30 ans pour construire un monument pour y exposer les statues de travailleurs de Constantin Meunier. Plusieurs débats parlementaires et un concours furent nécessaires. Continue reading Le Monument et le code du travail

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Une sale époque

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En novembre 2015, dans un coin de la place Poulaert à Bruxelles, quelques personnes font une grève de la faim parce qu’un musulman belgo-hispano-marocain croupit dans une prison au Maroc depuis des années. Il s’agit d’une grève tournante. Langues : espagnol, berbère, arabe, français. Pire que tout. Continue reading Une sale époque

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Pourriture, racisme, critique du pouvoir: suites et fin de l’affaire Siné

Personne n’a jamais le droit de traiter quelqu’un de tous les noms. Mais, pourtant, c’est ce qu’on fait souvent y compris aux dépens de gens qu’on aime. Bien malin qui pourrait dire s’il vaut mieux s’en abstenir et étouffer des reproches, ou se mettre en colère, et se mettre à dire ce qu’on pense sur le moment. Continue reading Pourriture, racisme, critique du pouvoir: suites et fin de l’affaire Siné

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Les démocrates et l’évasion fiscale

Les démocrates, ou plutôt ceux qui revendiquent officiellement ce label, quelquefois avec chaleur, ne sont pas portés sur l’égalité. Ils ne sont portés sur l’égalité qu’en ce qui concerne une minorité. Ils défendent une certaine logique égalitaire, pas une autre. Et ils défendent en même temps une logique inégalitaire.
Continue reading Les démocrates et l’évasion fiscale

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Il faut redonner vie et sens à la lutte.

Que penser du nouveau projet du gouvernement d’étendre le Projet Individualisé d’Intégration Sociale (le « PIIS ») à tous les bénéficiaires du revenu d’intégration, autrement dit à ceux qui dépendent de l’aide des CPAS. Continue reading Il faut redonner vie et sens à la lutte.

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Sur la présence militaire, en ville, à Bruxelles depuis quelques mois.

Certains reprochent aux récentes mesures gouvernementales, qui imposent la présence de militaires armés à Bruxelles, d’être totalement inefficaces. Mais que veulent-ils dire? Continue reading Sur la présence militaire, en ville, à Bruxelles depuis quelques mois.

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Lettre sur la situation à Bruxelles en général en cette période d’attentats.

Cher Martin,

Je m’exprime horriblement mal, ok. Je ne fais pas de différence entre les chômeurs et les autres travailleurs. Les chômeurs vont se former, ils vont à l’école, ou ils ont des rendez-vous, ou ils vont aider des potes, des parents, ou ils ont un boulot en noir, un petit boulot, un boulot d’une heure, d’un jour, des trucs pour lesquels il faut quand même se lever, seul ou pas, se grouiller, s’habiller, faire le tour de la ville dans les transports en commun, ou, ce qui ne vaut pas mieux, en voiture, dans la pollution, affronter la cité qui grouille, avec la crainte de ne rien avoir à faire le lendemain, de manquer de plein de choses quand même, ou d’avoir trop à faire, de ne pas bien les faire. Continue reading Lettre sur la situation à Bruxelles en général en cette période d’attentats.