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Plumitif 151

Une du n°151 du Plumitif

Sorry les gars, il fallait que ça sorte !

Coup de gueule d’un chômeur en rogne.

mardi 14 octobre 2014

par Paul Willems

Des malheureux se tuent au boulot pour financer la sécurité sociale, soi-disant. FAUX. C’est faux. Ceux qui se tuent au boulot ne paient même pas d’impôts. Ils n’ont pas droit à une maison, à un salaire décent, à une assurance-chômage, à des congés payés. Ils n’habitent pas en Belgique ou n’ont pas de papiers. Ils bossent dans le tiers-monde pour que madame ou monsieur Dupont ou Durand, ou je ne sais qui, puisse se payer des vacances à la côte d’Azur une fois par an, et un frigo de trois mètres de haut. Et si des travailleurs se tuent au boulot en Belgique, ce n’est pas de la faute des chômeurs, mais des patrons. Les accidents de travail, cela a toujours existé, en aussi grand nombre, même quand il y avait 0 % de chômage. On est TOUS des profiteurs dans ce système monstrueux.

Certains chômeurs n’en ont plus rien à battre de fabriquer des gsm dernier cri, de vendre des tablettes informatiques et de faire les guignols avec une bagnole full option. Plus rien. Ils n’en veulent plus des poissons et des moules extorquées à des gouvernements africains, pêchées en fraude et en gros, au mépris de toutes les règles, le long des côtes d’Afrique ou d’Indonésie, au nez et à la barbe de ceux qui vivent depuis des générations, des siècles, de la pêche, et qui n’ont pourtant jamais transformé leurs côtes en désert, qui jusqu’à l’arrivée de ces grands bosseurs occidentaux laissaient vivre des millions d’éléphants, de rhinocéros, des centaines d’espèces aujourd’hui disparues, et que les massacreurs de tout poil que l’on sait ont exterminés, soit dans le seul but de réduire les gens à la famine pour les faire bosser pour rien dans des mines, et donc dans le but de faire plaisir à des industriels adorateurs du travail bon marché, mais gagnant gros, soit parce qu’il n’existait pas de système d’allocations de chômage. Bosseurs de fin du monde. Menteurs. Tant que c’était le plein emploi, cette sinistre société a payé des allocations de chômage à quelques malheureux qu’elle s’est ingéniée à persécuter. Dès que le chômage de masse a fait son apparition, la moitié des gens a commencé à traîner l’autre moitié dans la boue, à se chamailler pour des places au soleil, elle s’est mise à traiter les chômeurs de fraudeurs, à ramper. Que dis-je, sauf erreur, cette société a TOUJOURS traité les chômeurs de profiteurs et de fraudeurs.
Il y a des gens qui ne veulent plus travailler dans ces banques qui pillent des pays les uns après les autres, qui suggèrent à des dirigeants sans foi ni loi, de bombarder ceux qu’elles ne peuvent mettre à sac, ou qui financent des accaparements de terre en Afrique. Ils ne veulent plus voir qu’on traite les riches qui profitent de la misère comme des rois. Ils ne veulent plus qu’on mette des pauvres en prisons. Ils veulent cultiver des patates, des chicons. Ils veulent partager le travail. Ils veulent l’égalité de salaire des travailleurs du tiers-monde et des pays développés. Ils veulent qu’on cesse de construire des bunkers, des gratte-ciels pour y loger les boursicoteurs. Ils en ont marre de cette démocratie en carton-pâte, dominée par des idéologues racistes. À bas les racistes de tout poils, sémites et antisémites.

Ils ne veulent plus du contrôle de disponibilité des chômeurs qui sert à faire croire que ces derniers sont des fainéants, alors que, depuis des décennies, des grands patrons délocalisent leur entreprise dans des pays où la main d’œuvre n’a pas de maison, de vacances, et travaille encore 10 heures par jour, dix jours de suite. Ils n’en veulent plus de ces mensonges, et de ces médias qui calomnient tout le monde, et qui portent aux nues des dictatures fascistes, et des démocraties qui fabriquent des terroristes, qui débobinent depuis des décennies les discours tout fait sur le chômage.

Pauvres esclaves salariés qui disent ce qu’on leur dit de dire, qui n’ont pas le choix, ou qu’on tue en Syrie, en faisant croire que ce sont les Russes. Pauvres misérables petits menteurs.

Il n’y a pas si longtemps, des gens travaillaient dans des mines douze heures par jour et passaient la journée dans des galeries de 40 cm de haut. Tout ça pour se faire tailler en pièces par la police ou l’armée lorsqu’ils faisaient grève et réclamaient de quoi manger. Mais les banquiers, les bourgeois avaient des maisons de rêve, mangeaient du gâteau tous les jours.

Il y a des gens qui veulent plus d’égalité, moins de prisons, qui ne veulent plus d’armée, en tout cas pas pour aller piller des pays pétroliers, pour raser des villes plus vieilles que les leurs de deux ou trois millénaires.

Ils veulent un demi-hectare de pleine terre pour les chômeurs exclus, à confisquer à l’agroindustrie qui transforme la nature en désert, et une formation en permaculture à la clef, pour reboiser, pour faire revivre les campagnes, pour nourrir la population, pour qu’elle ne soit pas obligée de piller le reste du monde, de provoquer des conflits nucléaires.

Heureusement qu’il y a des chômeurs sinon l’empreinte écologique des Belges serait encore plus catastrophique.

Non, les racistes, les grands propriétaires, les artistes de salon qui sont membres d’Amnesty, les pilotes d’avion qui bombardent des villes arabes ou africaines ne sont pas des héros.

Par contre, il y a des millions de bosseurs qui n’en fichent pas une, qui se contentent de casser du sucre sur les autres, et dont les travailleurs de la canne à sucre du Brésil et d’autres pays du tiers-monde, paient en réalité les salaires, qui feraient mieux d’aller faire un tour au chômage.

Il y a une petite manif demain place Saint-Jean devant le Parlement bruxellois contre les mesures anti-chômeurs. Sûr, il y en a qui pensent comme moi..
Le Plumitif n°151

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