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Où tout l’intérêt réside dans la rumeur, et bien sûr, dans les ressources naturelles du Congo

S. Kubla, le bourgmestre de Waterloo s’est fait arrêter ce mardi 24 février et a été déféré à la prison de Saint-Gilles. Au départ, il s’agissait d’une arrestation technique, de 24 heures, liée à la nécessité d’interroger le dirigeant wallon au sujet d’une affaire de corruption. La mise en détention de M. Kubla a été prolongée.

Le bruit a d’abord couru que c’était à cause d’une affaire de corruption survenue à l’époque de Mobutu. Mais c’est en réalité une affaire qui concerne un ancien premier ministre congolais du chef de l’état actuel du Congo, M. Muzito. M. Kubla qui traite régulièrement des affaires au Congo a servi d’intermédiaire entre la société Duferco et l’ancien premier ministre congolais. L’objectif de Duferco était d’exploiter une loterie et des maisons de jeux au Congo. Une somme importante, d’environ un demi-million d’euros de pot de vin, était censée acheter l’appui de M. Kubla. En droit belge, le ministre belge a commis un délit en remettant une somme de 20.000 euros en mains propres à Bruxelles à la femme de l’ancien ministre congolais, Mme Muzito.
Toute cette histoire a pour objectif de susciter un amalgame. Plein de gens accusent le régime actuel et cherchent des occasions de le critiquer. Beaucoup de gens accusent les dirigeants congolais actuels de corruption, mais on échoue en général à produire des preuves parce que les affaires de corruption mettent en général en cause des multinationales, qui sont extrêmement bien protégées, et parce que des intérêt stratégiques sont parfois concernés. Le régime congolais actuel n’a rien à voir non plus avec le régime de Mobutu. Mobutu détournait notoirement les recettes des entreprises minières congolaises et une partie de la monnaie zaïroise mise en circulation par l’état qu’il se contentait de mettre en poche. Rien de tel de nos jours. Le gouvernement congolais actuel est un gouvernement moderne, en grande partie irréprochable. D’où l’affaire Kuala qui vient d’éclater.
Cette affaire donne en outre l’impression que la Belgique poursuit activement des gens qui corrompent des dirigeants africains. En fait, c’est l’inverse. En donnant cette impression, en poursuivant S. Kubla, la justice belge couvre les affairistes et les dirigeants belges qui magouillent à n’en plus finir en Afrique depuis toujours. Elle soigne leur réputation, et la réputation parfaitement usurpée de probité de la Belgique, ou plutôt de ses dirigeants.
En réalité cependant, les transnationales minières belges, occidentales et autres multiplient les efforts pour obtenir des concessions, pour mettre la main sur les ressources naturelles africaines et autres. La corruption fait partie des méthodes utilisées par elles, avec l’intimidation, et, le cas échéant, la guerre, autrement dit le financement de guérillas en tout genre, les putschs, et même les assassinats. La réalité dépasse même la fiction. Le niveau de manipulation, les trafics en tout genre, le trafic d’armes notamment, de diamants et de ressources naturelles atteignent des proportions stupéfiantes. Avec les accaparements de terre pratiqués avec l’aide directe de plusieurs banques belges, et d’organisations paramilitaires congolaises, ou le régime rwandais lui-même, la prédation qui concerne les ressources économiques et naturelles du Congo aurait dépassé ce qu’elle était à l’époque coloniale elle-même. Tout cela complètement à l’insu du grand public qui pense h-généralement que les Belges n’ont plus d’intérêts au Congo.
En ce qui concerne cette prédation et les méthodes criminelles utilisées par les entreprises belges et leurs soutiens, il ne faut pas s’attendre par contre à des arrestations, à ce que justice soit un jour rendue. Cela n’est vraiment pas dans l’optique de la Belgique actuelle et de son gouvernement. En fait, l’affaire Kubla est un écran de fumée. Cette affaire et son exploitation médiatique outrancière vont dans le sens de la politique congolaise détestable menée depuis des années par le gouvernement belge. Serge Kubla fait les frais des nécessités de l’heure qui consistent à essayer de discréditer au maximum les dirigeants congolais, et de porter aux nues la justice qui serait pratiquée dans notre petit pays. Le juge ne peut guère compter cependant sur le gouvernement actuel pour enquêter sur d’autres affaires, sur les activités d’autres entreprises belges, et, même dans cette affaire-ci, les devoirs d’enquête seront réduits au maximum. Bref, c’est du blanchiment, bien plus que quoi que ce soit d’autre. Cette affaire sera étouffée comme les autres. Telle est la justice dont Alexander De Croo et Didier Reynders, deux dirigeants belges, viennent d’aller faire l’éloge au Congo, en même temps que la leçon aux Congolais il y a quelques jours, leur demandant instamment de réformer la justice congolaise.
Bref, l’important dans cette affaire, c’est le bruit qu’on est en train de faire à son sujet, et rien que le bruit. Et bien sûr, l’interprétation que les gens feront des évènements, le bien fondé apparent des accusations des ministres belges qui portent que l’organisation de la justice au Congo.
Les vieilles recettes sont souvent les meilleures.
Justice complice.
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