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Appel à continuer à se mobiliser pour le droit au chômage.

Tract de la manifestation contre les mesures d'exclusion de chômeurs du 25 février 2015

Ce 25 février 2015, en Belgique, dans plusieurs villes comme Bruxelles, Liège, Verviers, et d’autres, le collectif Stop article 63 §2 organisait une série d’actions pour protester contre les mesures anti-chômeurs du gouvernement actuel et du gouvernement précédent. Ces actions ont été suivies avec un succès qui varie suivant les villes. A Bruxelles, le mouvement a réussi à mobiliser une cinquantaine de personnes. Ce n’est pas énorme. Mais ce n’est pas rien non plus. Que ceux qui pensent qu’il est facile de mobiliser des gens tentent leur chance. Tout dépend de la problématique concernée. Il n’est pas facile de mobiliser des gens surtout contre des mesures gouvernementales successives, antisociales, mais qui sont présentées depuis longtemps comme des mesures qui combattent des pratiques antisociales, alors que les explications données par les uns et les autres, les logiques, les raisonnements suivis, les pouvoirs, tout se ligue pour accréditer un tel point de vue.
Les petites manifs ne changent pas grand chose. Elles sont cependant fondamentales, parce qu’elles confèrent une réalité, une existence à une revendication qui va dans le bon sens. Cette mobilisation revendique le droit au chômage, et elle affirme le caractère social d’un tel droit. Par les temps qui courent, cette affirmation est importante.
On a déjà dit beaucoup de choses au sujet du chômage et du droit au chômage, et on n’a encore rien dit.
Souvent, ce mouvement part dans un mauvais sens, revendique des choses contradictoires, mais il représente un espoir, un des seuls, l’espoir d’une transformation sociale véritable. Ce mouvement peut s’interrompre, mais il ne peut cesser d’exister. Il est nécessaire de continuer à mobiliser des militants pour le droit au chômage.

Ce n’est qu’en mobilisant des citoyens, des travailleurs, et des chômeurs pour le droit au chômage, que ce mouvement se transformera petit à petit en mouvement de masse, en mouvement de transformation sociale et politique, et qu’il cessera d’être un simple mouvement de revendication sectorielle particulier.
Ce n’est qu’en mobilisant des gens notamment pour le droit au chômage que les travailleurs et les citoyens cesseront de lier revenu et travail, qu’ils s’apercevront que cette liaison n’est pas légitime, qu’elle est contre-productive, même sur un plan politique, qu’elle ne récompense pas le mérite, mais qu’elle rend honorable la récompense, et que la société accèdera progressivement à une conscience sociale différente.
Le système, le pouvoir social et économique fera tout pour casser ce mouvement, pour le briser. Il a entrepris de sanctionner systématiquement les chômeurs, de les stigmatiser. Mais il prouve de cette façon qu’il a déjà perdu la partie.
Beaucoup de chômeurs, en fait de travailleurs, perdront bien plus que leurs allocations, ils perdront leur autonomie, leur chère indépendance. Mais la lutte des chômeurs doit continuer de grossir, de grandir, et surtout d’exister.
La démocratie elle-même est remise en question, peu importe. Sur le plan populaire, aucun autre régime ne pourra prétendre à la moindre légitimité. L’on ne peut faire valoir n’importe quels point de vue, n’importe quelle critique, impunément, en tout cas, à long terme.
La société, le monde politique, les médias nous présentent les choses à leur manière. Ce n’est pas souvent
la bonne, ni la vérité.
Nous devons continuer à lutter coûte que coûte pour une société ouverte, égalitaire, libre, plutôt qu’asservie, cupide.
Le travail doit rester libre. Ou plutôt il doit le devenir.

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