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Réponse à la bergère

Souvent, pour certains, un débat sur Facebook ou ailleurs se résume à tenter d’impressionner leur interlocuteur. J’adore quand des gens me disent de m’informer au sujet des événements dont je traite. Souvent leur connaissance est peu profonde. Si ce n’est pas le cas, j’apprends à coup sûr quelque chose. Dans le cas contraire, ils prétendent de cette manière afficher une notable supériorité. Et, si, par contre, j’essaie d’approfondir les choses pour tenter de leur dévoiler leur erreur, il semble que tout ce que j’essaie de leur apprendre compte pour du beurre, ce qui m’oblige à trouver de nouveaux arguments, à présenter les choses autrement. Continuer la lecture de Réponse à la bergère

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Daesh

Après les bombardements massifs du Cambodge et du Laos par les Américains, alliés à la bourgeoisie cambodgienne, les paysans qui furent les cibles de ces bombardements se sont atrocement vengés. Les bombardements massifs avaient causé un traumatisme tel que les horreurs qui ont suivies furent inévitables. Les Khmers rouges prirent le pouvoir en 1975, à la fin de la guerre du Vietnam. Ils laissèrent faire les paysans. Ils se sont aussi attaqués aux temples et aux bondieuseries cambodgiennes.
Le régime khmer rouge fut non seulement aidé par les Chinois, par les Vietnamiens, mais il fut également secrètement armé, autrement dit soutenu par les Français et par les Américains. Sans doute pour contrarier les Vietnamiens, qui avaient aidé les Khmers rouges pendant la guerre, et qu’il s’agissait de détruire moralement, internationalement le plus possible, après la guerre.
Dès la conquête du pouvoir par les Khmers rouges, une campagne médiatique de désinformation massive s’est aussitôt efforcée d’en faire les criminels les plus monstrueux de l’histoire. Tout fut mis sur le compte des Khmers rouges. Tous les malheurs du Cambodge, sinon ceux du Vietnam. Un génocide leur fut attribué. Le seul génocide dont il soit jamais question lorsqu’on évoque la guerre du Vietnam, alors que les Américains ont massacré bien plus de Khmers que les Khmers rouges, ou plutôt que les paysans cambodgiens, que les bombardiers américains massacrèrent en masse entre 1970 et 1973. Et personne n’a jamais réussi à démontrer qu’il s’agissait ne fut-ce qu’en partie d’une campagne de désinformation. Sans doute à cause du luxe de détails fournis par les journalistes, par les O.N.G., et par les historiens au sujet des massacres commis par les Khmers rouges. Il est évident qu’aucun historien n’a jamais tenté de faire le compte des villages anéantis par les Américains, ni de décrire les conditions dans lesquelles vivaient les villageois cambodgiens sous les bombardements. L’O.N.U. n’a pas établi de rapport à ce sujet, comme il le fait au Congo depuis 20 ans, mais surtout dans l’objectif de critiquer le régime congolais, pas ses agresseurs.
Le parallèle est frappant avec Daesh. Concernant l’Irak, Naomi Klein explique que 80% des 170.000 objets d’une valeur inestimable que renfermait le musée de Bagdad se sont volatilisés au cours de la seconde guerre du Golfe. La bibliothèque nationale où étaient conservés tous les vieux livres et les thèses de doctorat publiées en Irak a été réduite en poussières. L’immeuble des affaires religieuses dans lequel se trouvaient des enluminures du Coran vieilles de 1000 ans fut complètement détruit également. Naomi Klein dit que « le musée était l’âme de la ville. » Pendant cette période, ceux qui font actuellement partie de Daesh se faisaient arrêter et se retrouvaient en prison aux U.S.A., ou en Irak.
Les Américains, pas Daesh, ont effacé une partie de la mémoire de la culture arabe, et également celle d’une culture vieille de plus de 5000 ans. Mais, dans les médias, il fut à peine question de ces destructions. Elles ne comptaient pas. Le but des Américains était de remplacer cette culture par une autre : la leur. L’autre n’avait aucune importance. Et les médias firent en sorte qu’il en soit ainsi.
En 91, pendant la guerre du Golfe, les usines irakiennes furent détruites. 13 musées ont également été pillés. Mais les Américains n’ont rien fait pour l’empêcher. Il y avait pourtant assez de soldats américains à Bagdad pour faire régner le calme. En fait, certains d’entre eux participèrent aux pillages.
Quand on détruit un pays, qu’on ne l’aide pas à se relever, au contraire, qu’on l’écrase, qu’on continue à le bombarder pendant des années, qu’on l’occupe, qu’on désespère sa population, la colère est immense. Il suffit de se souvenir de l’Allemagne de Hitler. Daesh, un petit groupe de combattants a fait son apparition à la faveur de la guerre civile que les Occidentaux ont fait éclater en Syrie vers 2010. Et ce petit groupe s’est mis à massacrer cruellement des gens en Irak et en Syrie. Comme si les terroristes qui causent des massacres en se suicidant avec les bombes qu’ils font sauter un peu partout en Irak depuis la seconde guerre du Golfe, et même depuis la première, n’y suffisaient pas. Et aussitôt une formidable campagne de désinformation s’est mise à critiquer, à dénoncer les horreurs de ce groupe de revanchards particulièrement cruels, habilement manipulés, que les Américains soutiennent en leur parachutant des vivres et des armes. Les médias américains et occidentaux en général passent leur temps à en détailler les méfaits, les horreurs. Ils s’étendent en long et large sur les massacres de civils, de chrétiens, sur les destructions de sites archéologiques et de musées. La manière de dire les choses modifie leur valeur, transforme les faits. La colère de Daesh est utilisée, retournée contre ceux qu’elle anime.
Pendant ce temps, Israël bombarde secrètement ses ennemis : les Syriens. Certains soldats de Daesh se font même soigner en Israël.
Non seulement, les Américains se servent de Daesh pour s’exonérer de leurs effroyables crimes de guerre, de la destruction d’une société millénaire, mais ils s’en servent aussi pour attaquer Assad et la Syrie qu’ils n’ont pas renoncé à détruire pour en piller les richesses. Ils ont trouvé le moyen, un prétexte, pour continuer la guerre contre la Syrie, pour détruire une autre civilisation millénaire.
Les Américains réussiront peut-être à provoquer une guerre civile en Europe elle-même, en mettant le feu aux poudres à la colère des uns et des autres. Les uns sont en effet excédés par les horreurs associées à Daesh, cette milice musulmane, alors qu’ils ont de plus en plus de mal à s’entendre avec les musulmans qui vivent en Europe, et les autres se sentent victimes d’un apartheid. Tout cela permettra même peut-être une fois de plus aux Américains de piller l’Europe.
Mais les médias ne voient pas les choses ainsi. Les médias, les agences de communication fabriquent une vérité sur commande. Ils décrivent en détail les atrocités commises par les uns, et jamais celles des autres. Ils ne s’intéressent qu’à certaines causes de la guerre. Pas aux principales. Leur but est de prolonger cette guerre, pas de rétablir la paix. Il est aussi de paraître vouloir rétablir la paix. Les universitaires reprennent à leur compte cette façon de décrire les faits, et écrivent des livres qui évitent soigneusement d’analyser le fond du problème. Et, bien sûr, la critique et les médias louent leurs travaux, leurs efforts pour tenter d’en apprendre d’avantage, pour tenter de comprendre les faits.
Tout cela contribue à faire de la justice elle-même un non-sens, en même temps qu’une nécessité de plus en plus urgente.
Cela sert à imposer partout dans le monde des dictatures et des règlements économiques désavantageux ou à protéger de vieilles monarchies décaties et moches, à la saoudienne. Mais les Européens et une bonne partie du reste du monde sont d’autant plus convaincus que les Américains, eux, tentent de répandre la justice.
Quant à Daesh, on fera la liste des dégâts qu’ils auront causés, des crimes qu’ils auront commis, et quand ils en auront commis suffisamment que pour pouvoir leur mettre la destruction du Moyen-Orient sur le dos, on cessera de les aider, et ils disparaîtront.
Pendant plusieurs décennies encore, on parlera pendant de décennies de la catastrophe causée par cette milice fanatique. Les élèves du secondaire étudieront une histoire complètement trafiquée, et découvriront en même temps l’existence du négationnisme sans jamais faire le rapport entre les deux. Cette histoire édulcorée servira à fabriquer des mobiles, y compris de guerre. Les Américains réussiront même peut-être à provoquer une guerre régionale et à vendre plus d’armes qu’ils ne l’ont jamais fait jusqu’à présent. Et, pour continuer à causer le plus de dégâts possibles, ils défendront encore les pires régimes tortionnaires. Les Américains font cependant comme si de rien n’était.

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Le besoin de guerre de la France, le Burundi, et M. Morsi

La République française n’a jamais existé. Le 8 thermidor an 4, c’est un putsch qui se produit. Les bourgeois font marcher la guillotine à tour de bras et pillent les biens des condamnés, mais accusent Robespierre, qui se bat pour sauver la paix, l’économie, la révolution, et le font guillotiner aussi. En France, les mensonges ont la vie longue. Continuer la lecture de Le besoin de guerre de la France, le Burundi, et M. Morsi

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Lettre problématique sur la situation au Burundi

Signée par plus d’une trentaine d’universitaires belges une carte blanche sera adressée, sous forme de lettre, au gouvernement, explique le quotidien le Soir, qui publie ce texte bourré de clichés.1
D’abord, des chercheurs belges adhérant à quelle idéologie, financés dans quel but, impliqués dans quoi, depuis quand? Continuer la lecture de Lettre problématique sur la situation au Burundi

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Lettre ouverte à Claude Semal sur la culture et le nationalisme

Sur le plan culturel, je m’amuse énormément à Bruxelles. Je suis très ennuyé quand des représentants d’une culture nationale viennent faire un show. A mes yeux, ce dernier a toujours l’air exotique. Ça me rend malade quand, à cause de mesures fiscales en faveur de l’audiovisuel, le tax shelter, des fous viennent faire un numéro de cirque dans le quartier avec leur cour d’ingénieurs sons, de machinistes, de maquilleuses, et de figurants, et les vedettes internationales que l’on manipule comme des bibelots sacrés… J’ai une copine qui a fait de la régie cinéma pendant vingt ans et les relations existant sur un plateau de cinéma, ça ne tient pas la route.
Je me sens mieux avec les représentants de la déglingue qu’avec ceux de l’authenticité ou de la grandeur de je ne sais quoi… C’est sans doute pour cela que j’adore le Staff benda bilili et que j’ai plus de mal avec Starflam. Je ne passe pas mon temps à des festivals alternatifs, mais ce sont les seuls où je mets les pieds. Je suis très content de t’entendre te tordre de douleur à cause de l’inexistence de ce pays. Là, je kiffe.
La Belgique, pour moi, ce sont quelques rites associés à quelques grandes fortunes et à quelques banques qui persistent à intervenir en Afrique, à censurer l’expression, à fermer des usines.
Pourquoi représenter un phénomène qui pose un problème majeur depuis des siècles ! A quoi bon, au point où nous en sommes, incarner la Nation belge, ou bruxelloise, ou wallonne, ou encore flamande… ou encore européenne ? Sans doute, la dernière crise gouvernementale a-t-elle fait plus pour la survie de ce pays que vingt ans de train-train constitutionnel. C’est même prouvé. Faisons tout ce qui est en notre pouvoir au contraire pour empêcher ce pays d’exister, pour empêcher son gouvernement de diriger.
Le manque de référence culturelle nationale n’a pas grand-chose à voir avec la culture. Je dirais qu’elle est un plus.
Il existe une culture prétendument mondiale qui, grâce à son génie commercial, coiffe toutes les autres. Cette dernière a inversé toutes les valeurs. Elle a mis le commerce au premier plan. Et la culture suit loin derrière. Mais, à cause de cela, parce qu’elle est commerciale, on dirait que cette culture a plus d’importance que les autres. Ce n’est rien d’autre que du commerce. C’est une culture de merde, de la culture en bâton, pourtant on dirait qu’il n’existe plus qu’elle. 95% de ses personnages sont des policiers ou des monstres. C’est une sorte de culture d’état, ou plutôt d’empire.
En Belgique, sur un plan culturel, il est nécessaire d’exister à côté, en dépit, en dehors d’elle. Mais, du coup, les gens ne savent pas qu’il existe une culture, je ne dirais pas belge, mais non commerciale, et qui est tout aussi universelle, sinon davantage, qui existe en dehors de celle dont tout le monde parle.
Les gens s’intéressent au commerce, parce que les autres s’y intéressent, et ainsi, ils croient s’intéresser aux autres, et prennent même pour des asociaux ceux qui ne s’intéressent pas à la culture commerciale.
Je passe mon temps à voir des films africains, nord-africains, arabes, iraniens, sud-américains, japonais, russes, chinois, et des documentaires de tous les pays, sur tous les sujets, mais voilà, cela fait presque de moi un asocial. Mes chanteurs préférés sont Claude Semal ou Daniel Hélin, ou encore Pascale Delagnes, et aussi le vieux Brassens, peut-être, et je dois dire que je ne connais rien à part ça à la chanson. Je passe mon temps dans des cafés à écouter du jazz et je viens de découvrir Alain Pierre. Mais ne me parle pas d’une vedette internationale. Si je connais Gilad Atzmon, c’est parce que nous militons pour la même cause, pas à cause de sa musique.
Le type de cinéma et de show-business que tu associes, et sinon toi, plein d’autres, à la culture avec un grand C ne vaut pas tripette. Ils ne font pas la France, ils la défont. Ils n’existent pas en Belgique. Sauf peut-être Arno, mais parce que la Flandre est presqu’un pays. Pour en faire partie, Brel et Halliday sont allés vivre en France, tant mieux pour eux. Certes, ils sont devenus riches. Mais ce n’est pas nous qui y avons gagné. Quant à eux, oui, peut-être un peu. Mais combien se sont brisés les dents ?
De fait, la mainmise sur l’art par l’économie représente un véritable problème pour les artistes… comme toi. Je côtoie des artistes qui sont tous des virtuoses et parfois qui vont ou qui allaient pointer au même bureau de pointage que moi.
D’autres batifolent à la télévision une fois par semaine et jouent un rôle représentatif, voire politique et donnent l’impression de rouler sur l’or. Certaines vedettes sont milliardaires. Mais qu’est-ce que la culture y gagne? La plupart se répandent en insanités à la télévision à la moindre occasion.
La sixième république boliwoodienne détruit le monde. J’ai la même sensation de dégoût quand j’entends des gens faire tout un plat de la Belgique.
Il faut mettre fin au règne

 de la misère et des privilèges, cela oui. Il faut se battre pour un revenu de remplacement.
La société lorsqu’elle aura retrouvé son aplomb, repris en main son destin, imposera à tous les artistes de cour, à ces hommes d’affaires, de faire des films, de jouer de la musique, sinon pour le même montant que la recette d’un chapeau, du moins pour le même montant que les autres.
Claude Semal et Mohammed Ouachen sont deux grands artistes bruxellois qui ne devraient pas avoir besoin d’une critique autistique, d’appuis politiques, d’un journalisme aux ordres, de louanges fabriquées pour exister.
Merci pour tout Claude, pour tout ce que tu nous as apporté jusqu’à présent.

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Lettre ouverte adressée aux autorités publiques de Bruxelles au sujet du projet de construction d’une megaprison à Haren.

Bruxelles, le 5 mai 2015

Mesdames, messieurs,

Par la présente, je demande à être entendu(e) par la commission de concertation de ce dossier. Merci de m’informer dans les meilleurs délais de la date et de l’heure de cette réunion. Je tiens à m’opposer fermement à ce projet. Merci de bien vouloir annexer ces réclamations au dossier et de me fournir des réponses. Continuer la lecture de Lettre ouverte adressée aux autorités publiques de Bruxelles au sujet du projet de construction d’une megaprison à Haren.