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Lettre ouverte au premier ministre grec, à Alexis Tsipras

 

Bruxelles, le 7 juillet 2015

Cher Alexis Tsipras, monsieur le premier ministre,

Ça suffit, ça suffit, ça suffit! Cessez de répondre à ces gens. Cessez de négocier avec eux. Cessez de leur donner la possibilité de mentir, de nous donner des ordres, de vous toiser, et de se justifier. Vous avez fait des demandes et des propositions. Il leur suffit de les rejeter, et de dire que ce sont eux qui vous en font, pour avoir l’air de faire des concessions, alors qu’ils n’en font aucune. Ils veulent vous obliger. Pour vous obliger à faire quoi? Vous allez encore devoir dire non. Mais, cette fois, est-ce que vous aurez la force de le dire? Vous ne les changerez pas.
Vous les avez trainés dans la boue. Vous les avez critiqués. Vous êtes arrivés à démontrer qu’ils étaient odieux. Quant à eux, ils sont parvenus à dire que vous n’étiez pas sérieux.
La seule chose à faire, c’est de les abandonner à leur sort. La dette qu’ils vous demandent de rembourser est une dette odieuse. En tout cas en partie. Ils ne seront jamais de cet avis, parce qu’ils se servent de la dette grecque pour payer la leur, et pour envahir une partie du monde. Ils se servent de la stratégie du choc. Ils ne savent même pas ce que cela signifie : la stratégie du choc. Certains d’entre eux confondent l’harmonie entre les nations et le vol caractérisé.
Leur méthode de négociation, c’est l’humiliation. Négocier n’est qu’un prétexte. Un de vos ministres s’est déjà fait humilier. Ils trichent depuis des siècles. Ils apprennent à tricher au berceau. Ils regardent de haut le monde entier. Ils ont beaucoup trop peur de vivre avec les autres dans une planète en ruines par leur faute.
Avec leur beau système monétaire, avec leurs institutions financières, ils ont fait du développement une comédie, une horreur, une imposture, un mirage. C’en est vraiment trop. C’est assez. Assez. Maintenant ça suffit. Arrêtez de leur prêter une telle importance, et de faire de nous tous des dupes, des esclaves. Quand allez-vous dire je refuse, je restructure la dette ? Quand allez vous prendre cette responsabilité ?
Ne les laissez pas faire les durs. Avec Haïti, ils ont été durs. Avec beaucoup d’autres aussi. Ils seront durs avec la Grèce aussi. Et avec tous les autres. Pour être durs, ils sont durs. Mais pour payer leurs dettes à eux, c’est autre chose. Quand l’Allemagne a-t-elle payé ses dettes ? Et la France, lui arrive-t-elle de payer ses dettes?
Ou alors, faites payer par les riches ce que les riches ont pris à l’état, et rendez avec cela à l’Europe ce qu’elle vous a donné pour le donner aux riches. Faites leur payer le surplus.
Regardez-les plastronner, regardez-les faire les fiers. Et tous ces petits pays qui se disent qu’à présent, c’est à leur tour de faire cracher les autres parce qu’ils font partie de l’Europe. Regardez-les se transformer en professeurs, jouer aux durs, aux puissants.
Qu’est-ce que le commun des mortels comprend à leurs simagrées?
Vous allez leur dire au revoir. Si vous ne le faites pas, c’est à vous qu’on en voudra et c’est vous qui tomberez. Vous le ferez de trop haut que pour pouvoir vous en remettre. Et la Grèce également. Et l’Europe que vous chérissez aussi. L’Europe, voilà bien leur dernière trouvaille pour piller la planète.
Vous allez rentrer chez vous, et vous allez vous débrouiller pour faire tourner l’économie grecque sans eux. Essayez de vous entendre avec des pays qui sont dans le même cas que vous.
Vous pouvez faire énormément de choses. Vous pouvez conclure des alliances militaires, vous pouvez fermer vos frontières aux marchandises produites par leurs esclaves, vous pouvez égaliser les salaires, partager le travail, de manière à le rendre moins stressant. Limitez le trafic automobile au strict nécessaire, fabriquez votre pétrole avec des algues. Vous pouvez partager le travail, indemniser ceux qui ne trouvent malgré tout pas de place dans le monde du travail. Une économie sans chômeur est inévitablement une économie surproductrice, qui a besoin d’énormes débouchés extérieurs. Un tel fonctionnement économique est stupide. Qu’allez–vous faire des banques ? Il est inutile de nationaliser les banques. Créez-en une toute nouvelle. Offrez à chacun un certain montant. Obligez les entreprises grecques à payer les salaires en drachmes ou dans cette monnaie dont j’ai entendu parler et qui existe déjà. Mettez en place des organes de régulation.
Je vous souhaite le meilleur, et beaucoup de courage.

Paul Willems

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