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Qu’est-ce qui se passe réellement au Burundi?

Le gouvernement burundais essaie d’empêcher un génocide de se produire. Il est facile de provoquer un génocide dans un pays africain, surtout au Burundi. Les états africains n’ont pas les moyens de lutter contre des multinationales et les puissants états qui les soutiennent et qui se servent de rébellions et de guérillas.
L’économie burundaise n’est pas très moderne. Les multinationales et des institutions du monde de la finance souhaitent transformer cette économie. Mais cette vieille organisation économique est la seule qui nourrit les Burundais parce qu’elle est la seule qui les emploie. Un changement économique radical jetterait la majorité des gens au chômage. Inutile de dire qu’il n’existe pas d’allocations de chômage au Burundi.
Tout cela aurait un second impact encore plus important et apprécié par les multinationales, en particulier par celles qui exploitent le coltan, une matière première très importantehttp://www.leplumitif.be/2016/01/25/quest-ce-qui-se-passe-reellement-au-burundi/, dont on ne parle pas assez, ou qui profitent de son exploitation au Congo. Pour exploiter le coltan, les multinationales disposent de l’aide de l’armée rwandaise et de rébellions armées. La guerre est indispensable pour faire travailler à très bas prix la main d’œuvre congolaise dans les mines. Et un conflit au Burundi modifierait instantanément la situation au Congo.
Enfin, cela aurait encore un troisième impact. Un conflit au Burundi permettrait au pays interventionnistes d’intervenir militairement au Burundi. Le Burundi est confronté à de nombreux problèmes, mais une intervention provoquerait une catastrophe de grande ampleur, voire un génocide. Une réaction en chaîne se produirait alors et un conflit éclaterait très probablement au Congo également. Les puissances qui interviennent traditionnellement en Afrique pourraient alors décider d’intervenir au Congo. Or ces puissances interventionnistes cherchent à exercer une influence décisive sur les élections qui sont sur le point d’avoir lieu au Congo, voire, souhaitent renverser la démocratie. Elles soutiennent également les rébellions génocidaires qui s’en prennent à la population au Congo, et elles soutiennent l’opposition qui défend leurs intérêts à elles qui sont à l’origine de la misère scandaleuse de la grande majorité des Congolais. Voilà ce qu’il faudrait écrire dans les journaux. Mais la vérité n’intéresse pas les journalistes. Les journalistes ne vendent pas leurs articles lorsqu’ils n’écrivent pas ce que l’opinion publique a envie d’entendre. Les gens ont envie de croire que leur pays joue un rôle positif en intervenant militairement dans le reste du monde et ils ont envie de croire qu’ils sauvent d’autres gens, pas que leur gouvernement soutient des guérillas qui les exterminent massivement et qui les réduisent en esclavage. Ils voudraient que l’Afrique se modernise, et n’ont pas envie de savoir que, parce qu’elle n’est pas du tout adaptée aux économies africaines, cette modernisation provoque des catastrophes écologiques, sociales, et donc politiques. Ils ont peur des dictatures. Mais ils soutiennent souvent les plus mauvaises, parce qu’ils leur prêtent toutes sortes de qualités.
Non, le président Nkurunziza n’a pas respecté la constitution. C’est évident. Mais parfois respecter la constitution est difficile, et même dangereux. En Afrique, mettre sur pied une réelle opposition est difficile. Changer de dirigeants représente un problème. En particulier parce que les gouvernements d’autres pays disposent d’une influence trop importante. Tant que l’opposition politique ou le gouvernement défendent des idées valables, ces gouvernements menacent d’envoyer des soldats et soutiennent d’autres dirigeants. Parfois ils interviennent directement et imposent d’autres dirigeants. Ils déstabilisent les bons gouvernements jusqu’à ce qu’ils s’écroulent ou jusqu’à ce qu’ils se fassent renverser. Les Occidentaux ne savent pas ce qui est bien pour les Africains. Tout ce qu’ils ont conseillé, imposé aux Africains a engendré des catastrophes. Les richesses de l’Afrique sont le plus souvent dans leurs mains et ils ne respectent rien, mais ils sont capables de faire valoir sans fin des apparences, de prétendre par exemple qu’ils voudraient retracer l’origine des minerais extraits en Afrique, ou d’y limiter les ventes d’armes. Les médias ne font que présenter les choses sous un jour favorable aux Occidentaux, et, en même temps, ils se prétendent neutres et objectifs. En faisant valoir partout dans le monde leur propre vision, opinion, les Occidentaux disposent même de la possibilité d’imposer leur propre point de vue à de nombreux Africains.
1. Colombo-tantalite. Très prisé, et rare, le tantale est utilisé dans les ordinateurs, les tablettes, les portables, et dans l’électronique en général.

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