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A quoi servent les prisons et le système carcéral actuels?

Les intellectuels, criminologues, statisticiens, sociologues, s’intéressent au nombre de places dans les prisons et à leur aménagement, aux règles en vigueur en prison, à leur impact sur les prisonniers, mais comme le feraient des techniciens. Ils cherchent à réduire le nombre de prisonniers en mettant au point des alternatives à la prison : bracelets électroniques, probation, et autres systèmes. Ils ne cherchent pas d’autres alternatives à la prison.

Ils ne font pas le rapport entre la suppression, la réduction progressive des droits du travail et l’incarcération. Ils ne font pas le rapport entre la multiplication et l’aggravation des inégalités et l’incarcération. S’ils le font, c’est de manière consensuelle, sans remettre en cause ni ces inégalités, ni l’aggravation des conditions de détention et l’extension du réseau carcéral.
Les seules nouveautés qui se présentent sont la privatisation des prisons et l’exploitation des prisonniers. Ces alternatives un peu spéciales rapportent gros à l’oligarchie. Elles annoncent la disparition du monde libre, mais pour l’oligarchie et l’idéologie oligarchique (néolibéralisme), rentabiliser le système carcéral, bref privatiser les prisons et en exploiter les prisonniers, représentent des réformes non seulement acceptables, mais remarquables.
Pour l’oligarchie, cette exploitation est nécessaire, vitale, pour la société, pas seulement pour elle, parce que l’argent bien sûr, comme tout le monde le sait, cela bénéficie à la société toute entière.
Le grand nombre de prisonniers, de malades, de chômeurs, d’exclus, est le reflet de la violence de l’exploitation, mais l’oligarchie ignore et méprise une telle approche. Pour elle, il n’y a pas de dérive sécuritaire, mais des nécessités et des responsabilités politiques à prendre.
Pour construire des prisons, leur choix se porte sur des bâtiments au rabais, qui rapportent gros à leurs constructeurs, mais qui ne nécessitent pratiquement aucune recherche. Les études techniques sont au point mort. Les seules recherches qui ont cours et qui concernent l’institution carcérale servent à produire des gadgets électroniques, et tout un arsenal de moyens de surveillance. Là aussi les profits prévus ou réalisés sont énormes.

Mega-prison non merci!
cabane dans la réserve du Keelbeek où il est question de construire une mega prison.

Certains voudraient placer les trois-quarts de la société sous surveillance. C’est déjà pratiquement le cas.
Nombreux sont ceux qui parlent de placer réfugiés, sans-papiers, radicaux de certaines tendances, chômeurs dans des camps.
Il est temps d’analyser cette dérive, cette évolution et de mettre au point une parade. Il est temps de contester le bien-fondé de l’exploitation du système carcéral par le monde de l’économie. Il est préférable que le prisonnier soit un poids pour la société, ainsi cherchera-t-elle davantage à s’améliorer au lieu d’exclure de plus en plus de gens..
Il vaut mieux que le prisonnier soit une charge plutôt qu’une source de profit pour quelques-uns, toujours prompts à pratiquer du dumping social et à accroître par tous les moyens leurs ressources, bref à promouvoir l’exploitation.
Tant que réduire les coûts salariaux et augmenter les revenus de quelques-uns représentent l’objectif principal du monde économique, progrès social et exploitation économique s’opposent l’un à l’autre. Ils s’excluent.
Réduire les coûts salariaux n’est envisageable que si l’on réduit les profits et les inégalités en même temps, et si l’on met en place une solidarité et des filets de sécurité efficaces.
Permettre à quelques-uns d’accumuler des richesses aux dépens de la collectivité engendre tout simplement un désastre.
Il est temps que plus de gens le comprennent et s’opposent à la destruction en règle de la société.

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