Publié le

Les Anglais quittent l’Union européenne. Bilan!

Calicot affichant Juncker ontslag démission
Manif Grèce

Dire qu’il y a quelques jours seulement, les Européens pensaient encore avoir découvert la recette du bonheur !
Il y a quelques décennies, certains s’imaginaient que le reste du monde allait se mettre à leur école. D’autres critiquaient leurs institutions, leurs traités, mais ils ne parvenaient pas à l’entendre. La plupart s’illusionnaient sur l’excellence de leurs institutions. Ils revenaient de loin. Le rêve devait se faire réalité.
Peu avant que les U.S.A. ne se permettent de déréguler leur économie, en 1974, la Communauté européenne libéralisait les échanges extérieurs. Les choses n’étaient-elles pas tellement formidables. En quelques années le taux de chômage passa de 2,84 % à 7, 8 %. Ce fut la crise, à laquelle la Communauté européenne réagit en dérégulant davantage son économie. Le taux de chômage continua à grimper. Mais, après la chute du communisme, les eurocrates se mirent à rêver de nouveaux élargissements. Une guerre, deux guerres absurdes, dont la seconde est en cours, s’ensuivirent. Y voyant une source de profits sans précédent, les principaux états européens conclurent alors à la suite l’un de l’autre une série de traités et y perdirent une bonne partie de leur indépendance. Quelques-uns tergiversèrent, mais à peine. En 1992, ils donnèrent ensuite naissance à l’Union européenne. Le trait de Maastricht instituant l’Union européenne entra en vigueur en 1993.
L’Occident décida ensuite de déréguler l’économie mondiale, de déstabiliser le reste du monde, sans que personne n’y trouvât rien à redire.
Et, enfin, les Européens remplacèrent ce qu’ils appelaient le Serpent monétaire européen par une monnaie unique, l’euro, dont le fonctionnement posa d’emblée toutes sortes de difficultés que la Grande-Bretagne refusa d’adopter.
Il y a quarante ans, certains croyaient aussi que le tiers-monde que la décolonisation avait servi à maintenir dans l’ornière finirait par sortir du trou. Mais l’économie dérégulée n’en avait cure et fit tout pour le court-circuiter davantage en provoquant à la fois sa ruine et son endettement. Il ne fallut pas longtemps pour qu’il plonge définitivement dans la tourmente. Les rêves des eurocrates servaient au contraire à contenir l’émergence du tiers-monde.
Des régions entières du monde sortirent cependant du sous-développement et partiellement de la féodalité. La Chine devient l’atelier du monde. Cette évolution fut permise par la dérégulation et le libre-échange. Mais l’esclavagisme y est pratiquement à nouveau en vigueur. Pas les valeurs démocratiques. Depuis une vingtaine d’années, la dérégulation rend aussi cette émergence le plus problématique possible.
Pendant ce temps, plein de petites nations, encouragées par l’éclatement de l’U.R.S.S, complètement tétanisée, adhéraient en bloc à l’Union européenne et à ladite dérégulation, à l’économie de marché la plus arrogante.
Depuis lors, une inquiétante crise financière a éclaté. La crise financière et la dérégulation ne suffisant pas, c’est désormais le monde du travail lui-même qui s’est émancipé au prix de luttes constantes pendant les deux derniers siècles qui est pris pour cible par l’Union européenne. L’Union européenne intitule politique d’austérité sa politique de démantèlement du droit du travail. Dans quelques développés européens très développés, comme fascinée par ce fondamentalisme libéral, la social-démocratie, la gauche de gouvernement, qui n’en est pas à une trahison près, démantèle elle-même en partie, si besoin, les droits dont le monde du travail a réussi à se doter. Il s’agirait de revenir sur des acquis fondamentaux, de porter par exemple à 45 ou 46 heures, ou plus encore, selon les pays, la durée maximale hebdomadaire de travail. Du coup, dans la seule région du monde où le monde du travail parvient en partie à se protéger contre les abus, c’est l’affolement. La société tout entière est soumise à une sorte d’électrochocs.
Mis au pied du mur, les vieux pays d’Europe occidentale s’effondrent les uns après les autres. L’Europe occidentale est au bord de l’abîme.
L’Union européenne ne fait que suivre passivement les injonctions de l’O.C.D.E., du F.M.I., ou d’autres organisations de cet acabit, qui mènent la danse. Sa fuite en avant semble une fois de plus mener droit au fascisme. L’Union européenne manifeste d’autant plus une forme d’arrogance extraordinaire et se paie de mots en alimentant une propagande épouvantablement mensongère. Tous doivent s’aligner ou disparaître, bref, en sortir. Partout, la précipitation l’emporte. Les dirigeants rivalisent de subtilité pour imposer de mauvaises solutions et provoquer une dérive. Tous semblent fabriqués sur le même patron, ânonnent les mêmes sottises. C’est le méli mélo le plus total. Alors que la situation s’aggrave tous les jours un peu plus, les institutions démocratiques se révèlent soit d’une inefficacité totale, soit dangereuses, en servant à mettre au pouvoir des dirigeants racistes. Partis et dirigeants menacent de promulguer une nouvelle loi Le Chapelier, bref d’interdire les manifestations, les grèves, sinon les syndicats et le moindre rassemblement. Tous perdent le fil, sinon leurs moyens. En Espagne, en France, le peuple manifeste tous les jours, la révolte gronde. Il ne suffit pas cependant qu’on se rassemble, qu’on occupe la rue, et qu’on exige de mettre un terme à cette mascarade.
Les intellectuels pataugent, mélangent tout. Jacques Attali confond l’émancipation et la protection du travail avec l’individualisme. Selon lui, tous devraient créer leur propre entreprise. Personne, bien sûr, ne devrait être astreint à travailler pour d’autres.
Personne n’est capable de couper le contact. Tous s’effraient à l’idée qu’on pourrait le faire. Personne ne juge possible de faire entendre un autre son de cloche. La machinerie qui porte des dirigeants au pouvoir, elle, par contre, est bien huilée.
La plupart des gens qui ont pris l’habitude de croire à l’avenir ne comprennent pas que ce dernier se brise sous leurs yeux. Les autres ne croient plus en rien depuis longtemps.
A cause des clameurs imbéciles d’experts soi-disant compétents, rien ne paraît en mesure de permettre à des dirigeants de mettre en œuvre les vraies transformations nécessaires, comme par exemple la mise en place d’un système d’allocations de chômage, identique dans toute l’Europe, par l’Union européenne elle-même. Par contre, certains finissent par revendiquer l’établissement d’une dictature.
La rapidité des évènements empêche de trouver le temps et les moyens d’analyser les faits.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *