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Ou il est question de la dite formation continue et d’une dérive de la communication politique

L’enseignement sert-il de relais à la communication politique ?

Une de mes connaissances, professeur de son état, a été récemment confrontée à une situation qui l’a mise en émoi. Elle a accepté de suivre une formation qui s’est révélée être une sorte de fake.
Que faire ? Elle avait payé pour suivre cette formation conseillée par son institution.
Il faut dire que ce genre de situations tend à se répandre. Sous le label de la formation continue, des théories aux relents nauséabonds, voire carrément abjectes sont quelquefois non seulement inculquées tantôt à des professeurs de l’enseignement secondaire, ou à des instituteurs, tantôt aussi, au personnel de certaines grandes entreprises, etc..

Pourquoi ce genre de situations et que faire pour y remédier?

Le pouvoir a régulièrement pour but d’inculquer des idées à la société. C’est logique. C’est normal. Cela relève de son rôle. Le cadre général de cette pratique est la communication politique. Il arrive cependant parfois qu’il cherchât à inculquer coûte que coûte à la société des idées fausses, des clichés, ne fut-ce que pour justifier certaines mesures politiques douteuses et pour se légitimer lui-même. Dans ce cas, au lieu de faire d’une pierre deux coups, de former tout en informant, le pouvoir cherche à déformer, par exemple dans un but de lucre ou pour conserver le pouvoir.
Il utilise alors un moyen détournée. En fait, les clichés qui font l’objet des formations dispensées n’ont pas de rapport direct avec les mesures qu’il a l’intention de prendre, mais ils en ont avec le discours politique prévu pour les vendre à l’opinion, pour les imposer de manière soi-disant consensuelle. Dans ce cas, une préparation indispensable, permet à ce discours de passer pour utile, vibrant de bien-fondé. Il se peut aussi que les prétendues valeurs inculquées coûte que coûte aient un impact direct sur l’acceptation par les gens de certaines contraintes nouvelles, ou sur leur capacité à surmonter certaines critiques légitimes. Ainsi l’on apprend à des cadres dans certains entreprises à se monter assertifs. Cela sert avant tout à les aider à légitimer leur propre position. L’assertivité est perçue garante de la validité du point de vue à la base de leur pratique professionnelle.

Il se peut que ce type d’inculcation rendent les futures mesures politiques à prendre tout simplement acceptables, ou tolérables, ne fut-ce que pendant un temps.

Pour parvenir à ce but, un des moyens consiste à fabriquer des « contenus » à dispenser, en les enrobant de poncifs, de clichés. Ces contenus implantés, comme des puces dans l’épiderme d’un individu, à tous les échelons du corps social seront à leur tour répercutés de manière subliminale à toute occasion par les cibles de cet endoctrinement.

Pour parvenir à cet objectif, le pouvoir a l’embarras des moyens. Il dispose des médias, de la télévision, de l’université elle-même qui a conçu les dits contenus moyennant reconnaissance et avancement. Il dispose aussi de l’enseignement qui demeure un instrument qu’il a bien en main grâce à toute sorte de méthodes, d’un programme, d’un corps d’inspecteurs, etc.. Une telle cible est d’autant plus insoupçonnable que l’idéologie de l’enseignement le présente comme un terrain neutre animé par de vertueux idéaux, par une responsabilité vis-à-vis des enfants. Via l’enseignement, on touche les familles. On touche tout le monde.

Une fois en possession des dits contenus et au moment opportun, le pouvoir va alors déclencher une opération qui ne nécessite pas d’énormes moyens, puisqu’il s’agit d’informer une vaste structure qui est elle-même organisée pour transmettre des contenus. Telle est sa tâche. Le principal moyen de transmission dont il a besoin existe et les contenus en question peuvent être intégrés au programme d’enseignement, du moins, c’est ce que l’on s’efforce de prétendre.

Reste à inculquer des sottises à des travailleurs de la culture, à des experts en quelque sorte. Cela peut paraître impossible, mais en fait, un(e) simple chargé(e) de communication suffit généralement à le faire.

Pour y parvenir, c’est bien simple, il (elle) va arguer du pouvoir. Manier le pouvoir, faire référence au pouvoir, bref à des pressions possibles, à l’autorité, à toutes sortes de responsabilités, est sa spécialité. Généralement, ce type de technique est efficace. Nombreux sont ceux qui y sont sensibles. Ceux qui résistent ne font pas le poids par rapport à la masse des suiveurs, aux médiocres qui se soumettent.

Bref, elle (il) va recourir à l’intimidation.

Le truc relève de la supercherie, du bluff. Ce qui est abject. Mais l’abjection fait partie du procédé. Ainsi la communicante (ou le communicant) professionnel(le) ne se fait-elle (il) aucune illusion.. Il (elle) communique sur un sujet, postillonne au sujet d’une théorie bidon, et n’en a rien à fiche de savoir que ce qu’il (ou elle) dit ne tient pas debout. Généralement, il (ou elle) est convaincu(e ) que les choses tiennent debout. Il n’a pas fait l’unif lui (ou elle). Il présente une pseudo théorie sans savoir ce qu’est une théorie, mais tout le monde n’est-il,pas à même de comprendre, de saisir des arguments simples! Pour tout dire une ribambelle de prix Nobel sont plébiscités pour des recherches qui ne tiennent pas debout. Notamment en économie. Alors pourquoi s’en faire? Les communiquant(e)s les plus expert(e)s sont au fait de ces faiblesses. Alors que les enseignants sont parfois dupes de certaines apparences. De quoi s’agit-il ? De l’intégrité de la science et du fondement de la connaissance ? Soyons sérieux, cette intégrité n’est le plus souvent qu’un mot.

Le piège est le suivant. La pseudo-théorie présentée par la communicante (le communiquant) stipendié par le pouvoir d’état, ou directement par des lobbies, cela arrive, est difficile à invalider dans la mesure où elle est cohérente, en tout cas en apparence.. Les liens logiques ne sont pas tous absurdes. L’esprit est incapable de s’occuper de plus de quelques liens logiques à la fois. Le formateur-communiquant va assortir son propos de références livresques qu’il (elle) maitrise assez bien. Ces références assénées dans un jargon ad hoc, rapportées à des catégories assez courantes, proches du sens commun, font facilement illusion. Ces théories elles-mêmes leur sont présentées de cette façon. Bref, on ne saisira pas d’emblée les contradictions internes de la théorie en question. Les conclusions choqueront, mais pour valider ces conclusions, la dite communicante évoquera l’énormité des préjugés qui leur seraient opposés.

La communication professionnelle a quelquefois recours à l’humiliation. Le système est efficace, en tout cas avec certains qui le pratiquent eux-mêmes.

Le but est d’imposer un point de vue, pas d’en débattre ou d’en discuter. La formatrice-communiquante invoquera aussi, je présume, l’avenir, la conscience de l’éducateur, les défis, sinon la crise, ou l’évolution des idées elles-mêmes, bref se montrera très idéaliste. De quoi inciter au respect. Elle invoquera des raisons qui laissent en général presque tout quidam interdit.

Que faire ? Le problème, c’est que ces pseudo-théories leur tombent dessus, à tous ces travailleurs, à grands renforts de toutes sortes.

Que faire face à une théorie dont on n’est pas à même de démontrer l’absurdité, même si on est capable de la critiquer, d’en déceler les faiblesses, du moins certaines.

On se ridiculise à force d’essayer de démontrer l’inanité d’une théorie ou d’une pseudo-théorie sans disposer du savoir-faire, sans maitriser les techniques qui relèvent de la pratique scientifique, qui permettent de critiquer des théories. Qui est capable de produire des preuves. Toute la question est là..

Un enseignant du secondaire n’est ps en mesure de le faire. L’enseignant est capable de rendre compte d’une logique profonde, il n’est pas capable de la fonder. Parfois davantage faute de moyens que de compétences.

En général, une multiplicité de publications évoquent soudainement la même chose. Toutes utilisent le même jargon, les mêmes références. Tout cela est très cohérent et assez dense.

Sur un autre plan, que faire face à une mode qui voudrait que l’on octroie à ces communicateurs qui ne se prennent pas pour des génies, qui ne prétendent donc pas en découdre sur le plan des idées, mais seulement transmettre au nom de gens plus malins qu’eux, des rudiments de théorie? Ils se présentent eux-mêmes comme les transmetteurs d’un savoir qu’il ne s’agit pas de condamner sans preuve.

C’est une fake mais un fake cohérent. Appuyé parfois par des gens que l’on présente comme des sommités. L’on fait grand usage de ce type de référence de nos jours. Elles sont taillées sur mesure et évoluent au sein de soi-disant think tank qui les rémunèrent au point d’en faire de véritables nababs, des références universelles.

Que faire aussi face au pouvoir, à l’autorité qui assument et qui soutiennent ?

Le but est seulement d’inculquer quelques a priori (parfois criminels) au commun des mortels.

Enfoncer comme des clous des sottises dans la tête des enfants permet à certains fanatiques de prétendre adhérer à des valeurs immortelles et à des vérités incontournables, qui ont l’air de relever du sens commun.

Il y a plein de façons de s’opposer à cette pratique. La plus difficile consiste à produire des études qui contredisent les protothéories en question. Cette méthode prend du temps. Souvent, l’énergie ne suffit pas. Il faut des relais à l’échelon institutionnel.

Le chahut et l’ignorance représentent d’autres moyens. Mais il n’est pas aisé de les utiliser. On peut huer la communicante (ou le communicant). Mais c’est un moyen risqué qui requiert le soutien de la majorité de ceux qui assistent à la dite formation. Et ces gens-là (les communicants) ne se démontent pas facilement. Ils sont formés pour.

Il ne sert à rien de dire à la communicante que ce n’est pas à elle qu’on en veut, mais à tout le bastringue qui la paie et qui s’en sert et qui ne tient pas debout.  Elle va rire et essayer de prendre en faute la personne qui réagit de cette façon surtout si cette personne insiste sur le fait qu’elle et la société ont affaire à tout un bazar. La communicante va peut-être même la traiter d’adepte de la théorie du complot, ou de conspirationniste avec un air menaçant.

Il ne s’agit surtout pas de critiquer les arguments évoqués sur le plan théorique, mais on peut critiquer la méthode utilisée. Certains arguments relèvent aussi de points de vue que l’on PEUT critiquer dans la mesure où ils concernent les personnes présentes et qu’ils relèvent de leurs compétences. Les communicants commettent des fautes, des fautes graves. Il y a moyen de s’en servir, à condition de demeurer prudent, de souligner que l’on ne critique pas la théorie en question, ni le principe à la base de la formation, même si tel est le but poursuivi.

La discréditation directe peut être efficace. En disant certaines choses avec tact on peut réellement poser de gros problèmes aux communicants. L’on peut alors faire état d’un point de vue critique, élaboré et juste.

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