Publié le

Bye bye Obama

A quoi il pense quand il pense à l’Amérique, Barack Obama? À la démocratie? À des garde-fous, à des procédures, à des règles, etc..?

Donald Reagan a mis en pièces les règles économiques : le keynésianisme, les lois antitrust, l’impôt progressif, et maintes autres règles. Donald Trump va mettre en pièce les régulations politiques, les systèmes vaguement éthiques qui modèrent en apparence la vie politique américaine. Il a presque décidé de supprimer le Comité d’éthique du Congrès américain qui examine la légitimité des membres du gouvernement. Il ne prétend respecter aucune règle. Il refuse de communiquer sa déclaration d’impôt, ce qu’ont fait tous les autres présidents américains avant lui, etc.. Il refuse de vendre un hôtel ce qui aux U.S.A. est considéré comme susceptible de générer un conflit d’intérêts, bref comme problématique quand on accède à la présidence.

La question, c’est: à quoi sert cette éthique? Elle permet à des démocrates de rivaliser avec des despotes, des nababs, bref à la démocratie, ou plutôt à un régime démocratique, de fonctionner. Mais pour quoi faire? Pour imposer et pour légitimer des contrats d’armements, les dérégulations, les agressions en tout genre, pour signer des traités de libre-échange, pour faire passer les multinationales pour des groupes philanthropiques. En fait, elle sert à couvrir une multitude d’horreurs. Dont Guantanamo, par exemple. Les USA, c’est une boite de Pandore. La liberté d’expression sert à étouffer un maximum de critiques, de points de vue. En fait, elle sert à étouffer la vérité, à proposer une autre vérité, qui fait passer les U.S.A. pour une puissance pacifique, même quand elle détruit un pays de fond en comble.

Je pense que les gens qui ont critiqué Clinton et qui ne sont pas dans le même camp que Trump espèrent, souhaitent surtout qu’on règle son compte aux apparences, à cette hypocrisie.

Ce ne sera pas simple du tout. Parce qu’évidemment, les apparences sont en train de mettre le paquet, de se faire passer pour une oie blanche. Obama suit à fond cette stratégie. Toute un groupe du reste. Sanders en tête. Amnesty, qui est en réalité à droite, se lamente sur la destruction prévisible de l’état de droit en Amérique.

A l’étranger idem. Il n’y a pas jusqu’à Christine Ockrent qui, à France inter et ailleurs se met à critiquer Trump, à paraître presqu’aussi à gauche que Mélenchon. Même l’affreux ministre allemand des finances, qui a scellé le sort de la Grèce, critique Trump.

Obama a passé son temps à se dépatouiller, à donner le change, à sauver les apparences. On l’a mis en place pour ça.

L’appareil médiatique qui a tout tenté pour détruire la Syrie, fait passer pour une oie blanche, fait simultanément passer les USA, ou une partie de USA pour une oie blanche. On a affaire à une opération de blanchiment. Il passe son temps en somme à se justifier. Obama était contre une guerre ouverte. Mais il a à peine essayé de calmer le jeu, et a toléré l’emploi de drones.. Difficile de contester leur bien-fondé. Ce n’est pas lui qui a commencé à les utiliser. Avec Obama, on a bombardé sur un très vaste espace, plus vaste qu’à l’époque des Bush. Des bombardements au coup par coup. Des bombardiers qui se cachent depuis certaine affaire Wikileaks, qui se vengent. Sous Clinton, ils ne se cachaient pas. Ils ont bombardé la Serbie. Sous Obama ils se cachaient. On apprenait au coup par coup qu’une O.N.G. s’était fait bombardé en Afghanistan, un village, une petite ville en Syrie, Mossoul, ou une cible en Somalie, ou au Pakistan. Mais avait l’impression qu’il s’agissait de cas isolés. C’est une technique, une technique de propagande, une technique mensongère.

Mais certains en ont marre de se cacher. Ils voudraient pouvoir y aller franco. Ils se croient au-dessus de la mêlée.

En Amérique, mais par contagion, aussi ailleurs, en Europe notamment, une sorte de rupture est en train de se produire entre deux groupes, deux castes qui se haïssent, mais qui ont besoin l’une de l’autre, et s’appuient, qui collaborent l’une avec l’autre. Aux U.S.A., la première de ces castes fait la loi, dirige et se moque des partis, elle est raciste et ultraviolente, et fait en général porter le chapeau à d’autres, à des présidents par exemple. Cette caste est très influente. Même le Congrès est inexistant quand elle décide quelque chose. Ce sont les WASP. Elle est omniprésente dans les petits états où il y a peu de noirs. Ce sont eux qui ont élu Trump. Maintenant, elle va devoir agir au su et au vu de tous. Elle le réclame depuis longtemps. Et il faut s’attendre à ce que l’autre groupe en appelle à défendre l’unité nationale.

Le second groupe, c’est la classe politique et journalistique, ce sont les intellectuels démocrates, qui sont élitistes, c’est la couche sociale technocratique, et même syndicaliste. Aux USA, la plupart des syndicats sont instrumentalisés. Le FBI avait fait le ménage dans les années 30. En d’autres mots, il a assassiné une kyrielle de dirigeants syndicalistes. Tout ça sous la présidence de Franklin Roosevelt, un des présidents américains les plus à gauche, celui qui est à la base du New Deal.

Cette élite voudrait à présent se faire passer pour une oie blanche. Elle s’est lancée dans une vaste campagne de propagande qui continue à défendre une idéologie qui sert de couverture par exemple à la déstabilisation de dizaines de pays, de gouvernements dans le monde. Le cas du Brésil, de la procédure qui a réussi à destituer la présidente la plus honnête et la plus intègre que le Brésil ait jamais eu est significatif. On l’a accusée de corruption. Toute la presse internationale a suivi et propagé la rumeur, au nom des principes, de la démocratie. Tout cela n’est qu’hypocrisie. Cette propagande consiste à mettre les droits de l’homme, la démocratie et l’état de droit en avant.

Cette caste intellectuelle, ou prétendument telle, que certains assimilent à des médiocres, alors qu’elle-même traite les autres de médiocres, est instrumentalisée par la première. Le problème de l’Amérique démocrate, c’est qu’elle laisse tout faire. Elle sert de couverture. Elle sert d’appareil de justification. Elle représente l’appareillage idéologique de l’autre, qui ne veut pas de cet appareillage, qui a besoin de savoir où sont ses intérêts immédiats, mais qui ne peut rien faire sans cet appareillage complexe et hypocrite, qui est forcée d’agir en sous-main, en cachette. Inutile de dire que la théorie du complot a du pain sur planche pour détecter les faux et les vrais complots.

On a le même phénomène en France où les médias de gauche sont les plus acharnés à vouloir la perte de toutes sortes de régimes du tiers-monde, et ce depuis des générations, depuis la guerre du Rif, depuis toujours. Mais ils ne disent pas simplement: « parce qu’on le veut, parce qu’on est les meilleurs. » Non, ils disent plutôt: « parce que ces régimes ne méritent aucune complaisance, parce qu’ils sont néfastes, dangereux, parce qu’Abd el-Krim, parce que Bachar sont des criminels assoiffés de sang, etc.. » Et ces gens-là, les gens les croient, en tout cas, ils les ont crus, jusqu’à il n’y a pas longtemps, parce qu’ils ont l’air sincères, alors que les autres ont l’air de girouettes.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *