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Ingérence dans le processus démocratique en R.D.C..

 

Les médias français, du moins certains, ne cessent de calomnier le gouvernement congolais, de désinformer l’opinion publique. S’ils traitent de certaines choses, c’est toujours pour faire des reproches au gouvernement congolais et à Joseph Kabila, pour remettre en cause leur stratégie politique. Le niveau d’intoxication est tel qu’il complique l’organisation d’élections dans ce pays durement frappé par un conflit interminable et particulièrement meurtrier, en dépit, ou à cause, de la présence massive de l’O.N.U.. et des besoins de main d’œuvre bon marché de l’industrie minière, plus qu’à cause de prétendus conflits interethniques comme les médias français, belges et occidentaux en général ne manquent pas une occasion de le faire savoir.
Idem des médias belges en effet. Mais l’ingérence de ces derniers est, disons, plus traditionnelle.
RFI, BFMtv, même des médias comme le Monde, attisent sans relâche les conflits. Ces points de vue et nouvelles, en partie faux, sont repris ensuite par des membres les plus contestables de l’opposition. Ils représentent pratiquement l’essentiel de leur discours.
Des médias basés en France, mais qui se prétendent africains, comme Jeune Afrique, couvrent l’actualité de la R.D.C., et pratiquent une forme d’ingérence, d’autant plus difficile à détecter qu’elle a l’air de provenir de sources africaines. Or ces sources africaines des pays qui appartiennent à la sphère d’influence française sont stipendiées.
Ainsi Jeune Afrique évoque-t-il tantôt des besoins humanitaires, ou confère-t-il à la figure controversée de l’opposant E. Tschisekedi, aujourd’hui décédé, une stature légendaire. L’on y trouve par exemple la revendication en faveur de la construction d’un mausolée pour ce seul personnage, qui est loin d’être celui que Jeune Afrique se représente, qui a surtout servi les intérêts de Mobutu et des puissances néocoloniales chaque fois que ces dernières ont eu besoin d’une solution de rechange, ou, en tout cas, d’en proposer une, qui a poursuivi sur sa lancée, en espérant voler le pouvoir plusieurs fois à Kabila père, et puis avec Kabila fils, il faut le dire, avec l’aide des puissances néocoloniales, mais qui n’a jamais réussi à mettre en place une démocratie, qui fut d’abord initiée par Mobutu lui-même, rendue possible par Kabila père, et puis mise en place par Joseph Kabila. Une telle revendication, outre qu’elle confond monarchie et république, démocratie et franquisme, sert avant tout à mettre des bâtons dans les roues à Kinshasa, comme la plupart des revendications et des exigences de l’U.D.P.S..
On ferait mieux de regarder les choses en face. Cette ingérence nuit fondamentalement au processus électoral et démocratique en cours. Elle sert à instaurer et à animer de faux débats. Elle ne traite de rien d’important. Elle nie l’essentiel. La plupart des journaux qui relaient pour le moment des informations négatives sur le régime de Kabila ont leur siège en France ou en Belgique. Or il faut être très prudent avec ce genre de mécanisme. On a vu ce que cela donnait en Syrie, où il a alimenté pendant des années des fausses rumeurs, et servi à brandir des menaces en tout genre. Du reste, c’est ce qu’a fait le président Hollande à l’une ou l’autre reprise en évoquant la nécessité d’une alternance au pouvoir en R.D.C.., cela alors qu’on rend cette alternance très compliquée à organiser en suscitant sans trêve de faux débats.
L’on fait bien sûr régulièrement état de la répression subie par des étudiants ou des manifestants sans faire état du contexte de ces manifestations, des raisons invoquées par les manifestants, souvent celles que les médias néocolonialistes leur suggèrent d’adopter, dans un pays où la misère dépasse les normes et où la violence se répand parfois trop facilement. Le degré de violence n’a rien à voir avec celui des violences urbaines qui ont suivi la pitoyable affaire Théo en France. La R.D.C. dépense pour la police et les services secrets moins du centième de ce qu’y consacre l’état français, cela dans un pays 80 fois plus pauvre.
Bien sûr, la R.D.C. n’est pas en mesure de dire au gouvernement français de cesser de se prendre pour l’instituteur de la classe et de lui faire des reproches par médias interlopes interposés. La démocratie ne fonctionne pas très bien en France non plus. Elle est surtout invoquée par des faiseurs d’opinion, par des gens qui achètent la presse, ou qui louent les salles où l’on tient des meetings que l’on remplit comme aux U.S.A en donnant 100 euros à ceux qui assistent au meeting dans l’espoir qu’il y ait assez de monde que pour que les chaînes de télévision parlent d’un succès. Au Congo, les élections coûtent 10 euros par électeur, dans ce pays dont le budget est 45 fois moins élevé que celui de l’état français à cause de la spéculation boursière des pays occidentaux qui fait perpétuellement chuter le prix des matières premières, ce que les médias français consentent parfois à reconnaître, mais jamais à critiquer.
Comme d’autres pays, la France cherche pour le moment à développer le réseau informatique en R.D.C. (fibre optique), mais avant tout dans le but de multiplier l’influence de ces médias et l’efficacité de leur ingérence. La francophonie n’est pas en reste pour organiser des formations à l’intention d’étudiants burundais et Congolais consacrées à la maîtrise de l’informatique des réseaux sociaux.  Formations utiles au demeurant, mais dont on peut facilement ensuite recruter les participants et influencer tout un secteur en pleine mutation. Inutile de se demander pourquoi?

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