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Lorsque Napoléon rime avec Macron

NNapoléon à côté de Macron. Amusante devanture d'un libraire à Meslin l'évêque, en Hainaut.

 

Des élections et des candidats.

Macron plaît. Il a la stature d’une star sans en avoir le génie. Il en a le look. Le mode de vie. Les idées. Il est médiatique à outrance. On le voit partout sur des affiches, des couvertures de journaux. Il sert de couverture idéale. C’est une machine publicitaire de premier plan. À lui tout seul, il a déjà réussi à faire passer des lois monstrueuses sans même qu’il ait fallu recourir au 49.3 de triste réputation. Bien sûr, il ne les a pas conçues lui-même. Ces choses-là ne sont pas conçues par les politiciens, mais par des boites à idées au service de banquiers et d’industriels. La politique est une machinerie complexe.

Pour l’empêcher de divaguer, lorsqu’il ne sert pas simplement à défendre le projet d’autres personnes, mais qu’il doit faire part à d’autres de ses propres motivations et essayer de coller à une identité quelconque, il a à son service une gouvernante qui corrige ses discours, et qui lui en procure régulièrement les idée, le canevas de base. Il s’agit d’une blonde pleine d’expérience, capable de tenir en respect haut la main des classes entières de chahuteurs sans tourner de l’œil. Pour mériter son amour, il a pour devoir de ne rien dire d’intéressant, de dérangeant, qui trouble l’ordre public, ou la bonne conscience des médias et des monstres qui pillent le tiers monde et le peuple français. Il se contente de faire du plat au peuple français, de le baratiner. C’est ainsi qu’elle l’adore. C’est aussi sa spécialité. Pour certains, il s’agit d’un réel signe d’intelligence. Il n’a pas de parti, ni de programme. La France en marche représente en effet plutôt un slogan qu’un programme. Sous ce label, on a droit à des usines en carton pâte, à un décor d’Hollywood, à un simili-programme macrophage. La plupart des médias l’adorent. Justement pour cette raison. Il fait vendre des journaux qui adorent broder et dire n’importe quoi. Sans se l’avouer, ces médias sont plutôt bonapartistes. Ils ont besoin d’un coup d’état pour remettre les choses en place dès que les privilèges statutaires de leurs patrons et principaux employés et leurs a priori sont remis en cause.
Certains évoquent du reste l’éventualité d’un putchinet.
Vive superman, quelqu’un qui n’a pas besoin de programme et de parti pour prétendre régler tous les problèmes que pose le monde pourri qui nous entoure.

Hamon est plus pervers encore. Lui, c’est une sorte de mante religieuse. Le gauchiste paradoxal qui, quand il aperçoit un gauchiste, détourne la tête et  feint l’ignorance, avant d’adopter une attitude de dégoût, de faire état d’une vision d’enfer. Le faux à la place du vrai. Le faux qui passe pour le vrai, et inversement. Une sorte de grand prêtre, comme son homonyme, qui mange des gauchistes, qui les avale tout crus, et qui les recrache.  J’hésite entre le coucou et la mante. Son programme se résume à un traitement raffiné du couple amour-haine. La technique Hamon consiste à repêcher une idée dans le programme et le discours d’un gauchiste et à laisser ignorer tout le reste au grand public, tout en se faisant passer pour la seule référence acceptable de toute la gauche. Le moi je.. par excellence. Ce faisant, ledit gauchiste, s’il se sert encore de cette idée, passe lui-même pour un épigone, pour un militant de troisième zone, ou pour un vulgaire faussaire, dépourvu du moindre sens de l’initiative et d’imagination.
Hamon désinforme le grand public au sujet des cibles dont il a décidé de voler les électeurs, de prendre la place, mais seulement dans leur tête. Il construit moins sa candidature qu’il ne profite des déroutes qu’il entretient, du ridicule de ceux qui tentent de faire bouger les choses. Il ne donne même pas l’impression de colporter. Il lui suffit de parler de lui, tout en adoptant un air modeste, pour en faire passer d’autres pour des monstres ou des idiots. Hamon s’attribue ensuite tout: les idées des gauchistes, leur mérite, celui de la gauche depuis des siècles, tout en se bornant à dire des généralités dont il ne détaille à sa façon que le contexte politique. Son seul but: faire de cette idée des confettis. Pour faire d’une idée des confettis, il en fait un objectif. Il s’attribue un objectif le plus élevé possible, l’annonce d’une candidature, pour rendre plus crédible son emprunt, son mensonge. Il multiplie les interviews importants, ne traite que de l’objectif qu’il se donne. Ou se sert de tout autre événement fabriqué expressément par les médias ou les partis (primaire socialiste, constitution ou destitution d’un gouvernement, etc..), d’une conférence de presse. Enfin, le jour venu, lorsqu’il en est temps, il démolit cette idée à grands renforts de publicité, jusqu’à ne garder que ce qui ne peut être détruit, de manière à prétendre qu’il la défend. Il nie qu’il la combat. Il prétend qu’elle ne signifie rien d’autre. C’est en cela qu’il est crédible.
Les médias jouent un rôle clef dans cette pratique du vol d’idées dans le but de les réduire en miettes parce qu’ils étouffent toute tentative de mise au point, de rectification. Telle est la fonction PRINCIPALE des médias:
Hamon joue à fond la carte de l’ignorance. Ignorer les uns, expressément, les décevoir, comme lorsqu’on dit qu’on va téléphoner qui, pour une raison idiote, attend un coup de fil à quelqu’un et qu’on ne le fait pas. Son véritable programme consiste à empêcher la moindre idée de gauche de passer, et à passer quand même pour un gauchiste.
Hamon fait flèche de tout bois pour ne rien faire. Y compris dire qu’il va faire quelque chose, et même de grandes choses. Plus le mensonge est énorme, plus il passe pour une oie blanche. Cela, c’est l’essence même du réformisme social actuel. En période électorale, mais aussi à d’autres moments clefs de sa vie (politique), il ne reprend à son compte sans citer ses sources, que les idées qu’il est décider à faire complètement capoter, à ranger au placard, le plus définitivement possible. C’est en cela qu’il est utile. C’est comme cela qu’il se fait connaître, et qu’il brille. Et il multiplie les ragots pour qu’on lui donne raison, autrement dit pour enterrer ses cibles, pour convaincre les masses qu’elles ne représentent que des nullités, ou qu’elles représentent un danger. Les idées qu’il reprend à son compte servent uniquement de slogan publicitaire. Elles servent à le faire passer pour un gentil. Il cultive cette apparence, alors qu’il passe son temps à faire du tort avec une malignité consommée. Il s’efforce de l’imposer de toutes les façons, bien qu’en réalité, il soit d’une abominable méchanceté.

Mélenchon, lui, a compris que mettre un programme au point est au dessus de ses forces, mais il s’efforce de croire que le travail de compilation et d’épuration qu’il accomplit depuis des années lui a permis de concocter un véritable programme politique. Parce qu’il n’a pas d’autre logique à faire valoir à sa disposition. Il a tout basé sur cet unique mensonge. Tous dans son parti le croient sur parole. Ou presque. Lui au moins a un véritable parti. Bref, des gens qui l’aiment, qui croient qu’il n’est pas creux comme les autres. Et il ne l’est pas. C’est un bon orateur, qui dit avec brio, parfois dans des conditions difficiles, ce que personne ne parvient à dire, qui fait de bonnes critiques. Il lui arrive cependant de craquer. C’est pourquoi les médias le rejettent, le critiquent, le déçoivent. Il leur fait trop d’ombre. Il les séduit, et les déçoit. Comme eux, il est persuadé qu’il sait, lui, de quoi il parle, en tout cas un tout petit peu, que ce qu’il dit n’est pas complètement du vent. Il ne fait pas que connaître les noms des membres du gouvernement. Il connaît plein d’autres choses, et n’a pas peur d’en parler, ce qui le rend particulièrement suspect. Mais il n’a pas réponse à tout, comme ceux qu n’ont de réponse à rien.

Marine Le Pen, elle, est la candidate du y en a marre à la française. Bref, au lieu de chercher à tout reconstruire, elle est décidée à tout démolir, à briser toutes les dernières illusions des gens. Elle pense et dit qu’il n’y a rien à faire. Pour elle, il faut renvoyer la moitié des Français dans divers coins dans le tiers-monde. Elle invoque n’importe quoi pour y parvenir, y compris l’amant de la sœur du beau-frère, du moment qu’il a une couleur chatoyante. Il faut sortir de l’Union européenne. Il faut brûler les livres, fermer les bibliothèques. Elle insuffle aux gens une sorte de rage, et de colère sourde qui s’exprime aveuglément. Elle défend des faibles, mais elle ne s’en prend également qu’à des faibles. Son véritable programme: prendre non seulement la place qu’elle convoite depuis toujours, celle d’impératrice française, celle des autres, mais tout leur prendre. Sa solution : donner tout ce qu’elle prend aux autres, à ceux qui le méritent et qui font partie de sa bande, qui sont carrément des malfaiteurs, pas seulement des gens malfaisants, réduire la France en miettes, en cendres. Elle a une utilité profonde.
Par rapport à elle, tous les autres candidats ont l’air sages et mignons, même quand ils provoquent des génocides, ce qui arrive plus souvent qu’à son tour.
Elle est une adepte inconditionnelle du Divide ut regne avant tout.

Il y a enfin toute la bande de ceux que leurs immenses moyens et leurs rapines placent tout simplement au dessus de la mêlée, et qui espèrent cependant passer pour des pauvres, ou pour des victimes du système. Ils font comme si personne ne se rendait compte de rien. Ce sont les malins. Bref, ce sont les Fillon, Juppé, Bayrou, Sarkozy, et cie…
Ils se conduisent comme des réformateurs religieux qui ont charge de famille. Mais dans certains cas, il est vraiment trop évident que c’est de la daube. Ils vivent dans des châteaux, et paient directement les journalistes pour faire des articles qui servent à les faire passer pour de bons pères de famille, soucieux du confort et de l’avenir de leurs enfants, comme du bien être de leur épouse. Leur propagande ne marche que lorsque leur porte-parole est un vrai brigand, un voyou, une petite frappe malfaisante qui fait peur à tout le monde comme Sarkozy. Sinon, les élections représentent pour eux un obstacle, presque un inconvénient, une perte de temps nécessaire, mais une perte de temps. Ils estiment qu’ils n’ont pas besoin d’élections pour diriger. Ils ont les richesses, ou partagent les mêmes points de vue, idées, intérêts que ceux qui les possèdent, et pensent que cela devrait suffire. Donc pourquoi des élections? Sauf pour savoir qui sera le chef de la bande. En un sens, ils n’ont pas tort.
Dans cette bande, certains sont plus du côté des grands propriétaires, d’autres du côté des banquiers, ou du monde de l’entreprise. Certains sont plus proches des prédicateurs que des gangsters, comme par exemple F. Bayrou. Bayrou fait un peu figure d’exception. Il semble parfois réellement honnête.

Conclusion. On sait désormais qu’il est trop difficile de concevoir un programme politique. Que personne n’a de réel programme politique à proposer. Mélenchon s’est mis sur le tard à essayer d’en fabriquer un, et il est arrivé à remplir une bonne centaine de pages, avec une grande écriture, d’idées particulièrement floues, que d’autres candidats reprennent à leur compte quand ils ont besoin d’idées.
On sait aussi que les élections ne servent à rien parce que 95 % des richesses appartiennent à une toute petite minorité qui décide de tout à la place des autres, et ce dans leur intérêt propre. Ces derniers s’estiment assez malins pour réussir à faire croire le contraire, et les élections les y aident. Il leur arrive d’être assez malins bien sûr pour gagner les élections. Mais en général, ils se contentent de les fausser, de financer la campagne de spécialistes. Ils fabriquent un contexte et une propagande sur mesure pour permettre à ces experts de gagner à leur place. Ils ont à cette fin à leur disposition un vivier de professionnels qui se fait passer pour le parti socialiste.
Bon menteurs, comédiens, méchants à l’envi, les membres de ce dernier sont devenus avant tout de véritables professionnels de la politique politicienne, des chargés de communication de première force, les membres d’une caste en même temps qu’un groupe de pression qu’on paie, qu’il n’est même plus nécessaire d’acheter.

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