Publié le

Attitudes des électeurs par rapport aux élections présidentielles et choses à dire à chacun pour le convaincre de voter pour Mélenchon

Que dire à quelqu’un qui ne sait pas pour qui voter? Il y a plusieurs cas.
Il y a le cas de ceux qui ont des idées opposées à celles de Mélenchon. Il s’agit surtout ici de discuter d’idées. Et seulement ensuite de politique d’une manière générale, du sens de tout cela, quand on sera plus ou moins tombé d’accord sur les idées.
Pour ou contre Chavez? Souveraineté ou internationalisme? Le Dalai Lama ou Kabila? Le partage du travail ou travailler plus. L’Ukraine libre et endettée, dépouillée, en partie dévastée par la guerre ou l’Ukraine qui s’accommode d’une bonne moitié de russophones, qui cesse de croire à une race, à une patrie où tous parleraient la même langue, auraient la même couleur, qui cesse de croire au père Noël, autrement dit des dirigeants qui vendent tout ce qui ne leur appartient pas, et qui est aux Ukrainiens, pour avoir des bisous d’Angela Merkel. La démocratie est-ce, donc cela, distribuer à quelques super-riches tout ce qui existe, y compris la terre, le plus vite possible, et faire des guerres pour noyer le poisson? Comme on s’est moqué d’eux, les pauvres Ukrainiens. La Guyane ou les Guyanais? L’or ou l’eau et la forêt? Les amis blancos de M. Valls ou les Indianos que ces derniers dépouillent depuis des siècles? L’économie de marché ou l’économie tout court? On peut préparer une liste.. à l’avance des idées répandues, que les médias fourrent dans la tête des gens à coups de massue, et de leur absurdité éventuelle et faire quelques copies, à distribuer.

Il y a le cas le cas où les idées auxquelles on a affaire  sont celles de Mélenchon, celles qui se rapprochent le plus des siennes, celles de la France insoumise. Mais, dans ce cas-ci, ceux qui croient comme nous à ces idées se demandent quand même: que valent-elles ces idées, et surtout que vont-elles devenir? Les élections sont un moment où il y a moyen de les exprimer, mais seulement de les exprimer. Et si on n’en faisait rien, se demandent-ils? On vote. Mais à quoi ça sert? Ne cherche-t-on pas à nous tromper? Que répondre à cela?
D’abord, on ne peut pas le savoir si on n’essaie pas. Il est déjà important d’avoir la même idée. Si on ne s’en sert pas, on aura peut-être l’occasion de voir alors ce qui ne va pas? On sait qu’on a face à nous un système, une logique infernale, une méga-machine, comme disent certains, qui ne fait pas de cadeau. Il faut apprendre à connaître cette machinerie, apprendre à la faire reculer coûte que coûte. Enfin, ces idées, c’est ce qu’on a trouvé de mieux jusqu’à présent, sinon on aurait d’autres idées. Il faut y croire un peu quand même. C’est déjà ça. Voter pour elles, voter pour ce à quoi on croit, pour la transition écologique, la paix, le partage des richesses.. et surtout, celui du travail, pour les 35 et même pour les 32 heures, c’est l’occasion d’y croire un peu plus. Mélenchon a dit des choses formidables à ce sujet. Cela déjà c’est extraordinaire. Ce n’est pas qu’un homme politique. C’est quelqu’un qui se sert de la politique pour réfléchir. Il n’est pas le seul. C’est sûr. Mais il y a différentes manières de réfléchir, d’apporter des réponses à des questions qu’on se pose. On peut réfléchir sans avoir les éléments en main pour répondre à une question, en acceptant n’importe quel schéma du moment qu’il a l’air cohérent. C’est ainsi que raisonnent les experts. Du moins dans le meilleur des cas. Certains experts ne réfléchissent même pas. Beaucoup de gens s’illusionnent à propos des choses parce qu’ils ne réfléchissent pas de la bonne manière. Ainsi, il y a des experts qui trouvent qu’il est très cohérent de proposer à des pays du tiers-monde de vendre leur droits de polluer. Mais qu’en savent-ils? Rien. Ils ne savent pas l’effet que fait une certaine quantité d’argent que l’on donne à un gouvernement, comme cela, simplement parce qu’il accepte de ne pas créer d’usine, de ne pas faire certaines choses. Les experts ne tiennent jamais compte de tous les problèmes qui se posent. Ils cherchent du reste souvent à atteindre un autre résultat que celui qu’ils prétendent chercher à atteindre. En l’occurrence, ils cherchent bien sûr à promouvoir l’hégémonie de certaines économies, et à faire des autres leurs débiteurs. Même si on a l’air d’en faire des créanciers. Tout simplement parce que l’argent, la création de numéraire, serait seulement entre les mains des économies des pays industrialisés. Mais leur schéma leur semble convainquant. plus c’est gros, plus ça marche. Quelques personnes ne raisonnent pas comme cela. Les idées politiques de quelques personnes sont plus complexes. Les solutions qu’ils apportent aux problèmes sont moins époustouflantes, et pour les appliquer, il faut mener des luttes longues et difficiles, ce qui est l’occasion de les améliorer. Comment prouver que Mélenchon fait partie de ces gens-là? Est-ce que son programme est possible? Est-ce qu’il est applicable? Souvent les gens n’ont pas l’occasion de réfléchir en profondeur à de telles choses. Mais il y a moyen de les mettre sur la voie. En leur parlant du travail par exemple. Certains disent que le travailleur doit être plus flexible, ils se servent de mots compliqués. Mais que veulent-ils dire? Il est facile de montrer qu’ils se contredisent, qu’ils défont des choses qui ont été faites pour refaire des choses qu’on a décidé il y a longtemps de ne plus faire. Il est facile de montrer que l’on a eu raison d’adopter la semaine de 40 heures, et même de 35. Il est facile de montrer qu’encore une fois, le schéma époustouflant proposé par certains, qui prétendent qu’il rend les gens plus libres, plus indépendants, est un leurre. Ces beaux schémas sont des leurres. Les gens ne sont pas plus libres parce qu’ils ont la possibilité de négocier seuls avec leur patron les modalités de leur travail. C’est comme si on disait à une sardine qu’elle va pouvoir négocier seule avec un requin le droit de nager entre telle et telle heure.
Il y a dans ces élections un enjeu tout simplement intellectuel. Comment raisonne-t-on? Certains raisonnent de manière autoritaire en disant: « Mon schéma tient la route, vous le voyez, inutile d’en débattre. Vous n’avez qu’à en prendre de la graine. ». Pourquoi? Pourquoi n’y a-t-il pas moyen d’en débattre que lorsqu’on est réduit à une situation très inférieure, par toutes sortes de moyens, ne fut-ce qu’à cause du statut de son interlocuteur?

Autre question que certains se posent: il lui faudrait agir, à Mélenchon, et pas seulement réfléchir et parler. Agir n’est pas facile. Sauf quand on est un dictateur, et encore. La plupart des dictateurs ne sont que des marionnettes. Est-ce que Mélenchon est de ceux qui agissent? Se peut-il qu’on se trompe de personne, et que cette personne qui réfléchit tellement ne soit pas un homme d’action? De fait, plus on réfléchit, plus, parfois, il est difficile d’agir. Mais c’est aussi plus facile. Les choses vont bien plus de soi. On a besoin de comprendre pourquoi on agit, et ce qu’on fait. Quand les choses sont très complexes, c’est vrai que c’est difficile. Mais justement au moins, s’en aperçoit-on et trouve-t-on des solutions plus pragmatiques, bref de meilleures solutions. Cela en vaut la peine.

Il faudrait, si Mélenchon était élu, qu’il communique sur sa tâche comme il communique au cours de sa campagne. En allant à l’essentiel. Il n’aurait plus la possibilité de faire un grand meeting tous les jours. Mais il faudrait qu’il continue à communiquer, qu’il demande même aux gens comme il dit de réfléchir, de chercher des solutions.

Il faudrait qu’on discute de cela au moins de temps en temps. Sa campagne est l’action la plus extraordinaire qui soit. Tout en a été créé, inventé: un parti, un programme. Rien à voir avec ceux qui ont avec eux un parti, ou plutôt une organisation préexistante, et dont les idées sont pratiquement toutes fabriquées sur mesure et par d’autres également. Ou avec ceux qui réfléchissent, mais qui le font seuls, et qui n’ont pas créé de parti, ou avec ceux qui ont un immense parti, mais qui ne réfléchit plus, ou qui ne disent rien d’autre que disent ce parti ou ce syndicat. Tout cela en fait un homme d’action. Pour cette action-là, qui n’est pas facile, personnellement, je voterais pour lui les yeux fermés. Mais, il faut aussi, bien sûr, se demander si cela servira à quelque chose.

Il y a aussi le cas de ceux qui poursuivent je ne sais quel but, parfois un simple but de vengeance. Il peut s’agir d’idées toutes faites. Ils sont fortement imprégnés de ces idées toutes faites. Ou leur idée de la politique les incite à croire qu’en votant Le Pen, on va provoquer une crise et on va se débarrasser de toute la pourriture d’un coup, ce que selon eux n’est pas possible avec Mélenchon. Cette idée est redoutable. Ils ne croient pas à la politique. Ils croient à une forme de dégagisme d’abord. Je pense que leur erreur, c’est de croie qu’avec Le Pen, les puisants vont revoir leur copie. C’est l’inverse. ils reviendront en force. C’est un peu comme jeter de l’huile sur le feu. Mais c’est délicat. La colère, le dégoût, empêche plein de gens de voir clair. L’instinct d’appartenance aussi les empêche de changer d’avis. Cet instinct d’appartenance est complexe. Il relève d’une sorte de conservatisme. Selon lui, il faut conserver ce qui a été et qui était bon, qui a bien fonctionné. Il faut montrer que les choses ne restent pas pareilles, qu’on ne peut pas aller prendre ailleurs tout ce que les gens possèdent et dire ensuite qu’ils n’ont qu’à rester chez eux. On a trop appauvri le reste du monde. Et pour s’en tirer on invente des salades épouvantables. On se sert d’ONG qu’on a créé pour que les pauvres se tiennent tranquilles, pour les empêcher de s’organiser. Les ONG ont d’abord servi à dire au gens que les capitalisme s’occupait mieux d’eux que le communisme. On voit ce qu’il en est. Dans la plupart des pays pauvres, les gens n’ont plus accès aux soins de santé, contrairement à Cuba, qui a défauts, mais pas que.. Il n’y pas de médecins, de médicaments. Et ce n’est pas vrai que ce n’est pas notre faute. Et enfin, on ne peut pas dire qu’on n’a pas à réparer nos erreurs. Cela ça ne va pas.  Il y a chez les gens d’extrême-droite, une sorte de fraternité qu’ils croient être la bonne, mais qui ne fonctionne qu’en circuit fermé, et qui pose plein de problèmes, qui est parfois très violente. Cette fraternité est indéniable, mais enfin, elle est plein de réserve, de limitations. Il ne faut pas la mépriser, mais il faut pouvoir la critiquer.

Il y a le cas de ceux qui croient à quelque chose, à une idée. Eux sont indécrottables. Plus on tente de les convaincre, plus ils se butent et engrangent des réponses, des arguments qu’ils interprètent à leur façon pour inventer carrément un monde idéal, faux, complètement imaginaire. Ce sont ceux qui voudraient réfléchir, qui voudraient qu’on pense qu’ils réfléchissent, mais qui ne souhaitent pas vraiment réfléchir. Ce sont sans doute des intellectuels en train d’essayer de comprendre quelque chose, et qui se sont arrêtés en cours de route. Ils ont parfois le verbe haut. Ils aiment vexer, offenser, humilier, et en tirer avantage. Eux seuls ont tout compris. On a parfois des raisonnements formidables du genre: si tous ceux qui ne savent pas pour qui voter votaient pour nous, nous gagnerions, ce qui est bien la preuve que nous sommes les meilleurs. Sous-entendu: ceux qui ne savent pas voter n’ont pas compris que nous étions les meilleurs, les seuls capables de.. Mais ils ont compris que les autres sont dans l’erreur. Je dois dire qu’avec ce genre de bêtes, il est difficile de faire quelque chose, d’avancer. Il faut essayer de grappiller chez eux les raisonnements intéressants. Mais bon, ils ne sont pas très nombreux, on n’a pas non plus la vie devant soi, et il vaut mieux les laisser croupir dans leur jus et rigoler.

Il y a encore le cas de ceux qui n’aiment pas Mélenchon, point. Souvent ces gens sont très heureux de pouvoir vous le dire en face et adorent vous décevoir. Parfois, si vous citez le mot France insoumise, ils se mettent à parler à leurs voisins en voix basse et on les entend dire: tiens, un rouge. Ceux là pensent qu’ils ont vaincu le diable et qu’ils sont des archanges chargés de faire régner la paix et la concorde sur Terre. Ils pensent aussi qu’ils ont doit à une récompense en monnaie sonnante et trébuchante, que les inégalités font partie de la vie, mais que ce sont eux les élus. Ils sentent bien qu’on ne les prend pas beaucoup au sérieux, mais en cas de besoin, ils font des trémolos, ils invoquent la pitié, le sens humain de leur interlocuteur qui est selon eux un sans coeur qui ne comprend pas l’engagement profond de leur candidat préféré. Si on et doué on peut rétorquer sur le même ton, mais c’est risqué. On ne peut ps leur parler des travailleurs, et toute la pitié dont on aura tendance à témoigner, ils en connaissent par cœur tous les détours et les sentiments. Ils vous retournent comme une crêpe si vous leur parler d’un petit enfant africain qui meurt de faim, et si vous leur parler d’un Indien qui meurt en Guyane à cause de la pollution causée par l’industrie minière ils sont convaincus que vous haïssez la France.  Bref, mieux vaut passer son chemin comme on dit, sauf si vous êtes courageux, doué et que vous avez vraiment du temps à perdre.

Enfin il y a le cas de ceux qui n’ont pas d’idées, qui ne veulent plus du tout, plus jamais entendre parler de politique. Il s’agit souvent d’un stratagème. Vous pouvez vous amuser à essayer de comprendre pourquoi ils ne veulent pas débattre, pourquoi ils disent qu’ils ne veulent plus s’intéresser à la politique. Souvent, c’est parce qu’en ne s’intéressant pas à la politique, ils gagnent beaucoup d’argent.
Si des pauvres, des exclus vous disent qu’ils ne veulent plus entendre parler de politique, leur motivation est sans doute différente. C’est qu’ils ont peur de tomber plus bas encore, de se retrouver à la rue s’ils s’y intéressent. C’est à vous de chercher une solution. Ils n’ont pas complètement tort. Ce système dégoûte de s’intéresser à la politique. Si vous vous y intéressez vous êtes facilement taxé d’extrémiste, de gauchiste ou de fasciste. Une idée dominante veut que certains y pensent à la place des autres, et qu’ils sont très bien. Enfin, que l’un d’eux au moins ou que quelques-uns d’entre eux sont très bien, qu’ils savent ce qu’ils font, qu’il faut les laisser faire. Qu’en ne les laissant pas faire on provoque des catastrophes, des crises, que sais-je. Selon cette thèse, c’est en  choisissant de mauvais représentants que des crises éclatent ou s’aggravent. Il s’agit d’une sorte de pensée magique. La politique hélas, ce n’est pas comme la menuiserie. Quand un meuble est mal construit, cela se voit, se remarque. En politique, c’est l’inverse. Il est difficile de détecter un vice un défaut dès le départ. Plus elle est mauvaise plus elle a l’air de fonctionner. ON ne s’en rend pas compte, mais plus de gens aussi en font les frais. Et lorsqu’il y en a trop qui en font les frais, cette sorte de pensée magique invente des coupables, les gauchistes, ou les fascistes, ou d’autres encore, les Arabes, les Chinois, les Juifs, que sais-je.. De fait, il y a de quoi être dégoûté de la politique. Je pense que le mieux à faire, c’est de dire à ces personnes, qu’ils vaut quand mieux essayer de comprendre quelque chose à cette politique, que de ne rien comprendre,, et que s’il y a une chose que fait Mélenchon, tous les jours, c’est nous expliquer comment les choses fonctionnent, c’est nous faire comprendre cette politique. Cela vaut la peine de l’entendre. Tout n’est pas du même niveau, mais on apprend beaucoup de choses sur la politique. Avec la France insoumise et Mélenchon, on réfléchit à cette question de la politique, on ne fait que cela.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *