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Lettre ouverte à nos amis français à la veille d’un deuxième tour sans précédent

Chers amis,

C’est le moment où jamais de se remémorer Démosthène ou Thucydide. Ces deux grands auteurs s’expriment au moment où Athènes doit choisir entre la guerre et la paix, entre attaquer une grande ville de Sicile pour la piller et accroître ses richesses, et peut-être vaincre sans difficultés les villes grecques qu’elle opprime et qui se révoltent, ou se défendre contre ces villes qui ont décidé de lui faire la guerre. Si l’on réfléchit, Athènes produit à ce moment-là un raisonnement. Elle espère qu’en pillant la, Sicile, les villes grecques qui la combattent vont être prises d’un accès de nationalisme et il faut bien le dire de cupidité, et préférer le pillage, à la guerre contre Athènes. Mais, hélas, Athènes est incapable de ne pas menacer les villes grecques demeurées libres, et ce n’est pas la solution que ces villes choisiront.

La France n’a pas le choix. Que l’un ou l’autre candidat gagne les élections, elle sera confrontée à la situation résultant de la volonté de forger un nationalisme européen, et même atlantiste, et à celle de piller et de détruire un autre état. La candidate en lice propose bien sûr de considérer cet autre état comme un état comme les autres, et de ne pas se croire supérieur à cet état, ou à d’autres états. Mais cette suggestion est complètement ignorée, elle est accueillie avec stupeur, par une caste et un milieu dirigeants qui n’ont pas d’autre solution que la guerre pour se tirer d’affaires. La dite opinion publique joue un petit rôle pendant une période d’élections, et pratiquement aucun rôle à d’autres moments. Les injonctions pleuvent. En fait, cette campagne présidentielle, ces élections servent surtout à conditionner les mentalités, à faire adhérer les masses à ce grand et petit projet à la fois qui consiste à provoquer une guerre pour étouffer plus facilement les attentes légitimes d’une centaine de pays au moins.. Pour faire taire leur révolte éventuelle. Comme Athènes a détruit des villes entières qui lui résistaient, les alliés, les soi-disant alliés, les coalisés ont détruit plusieurs pays. Jusqu’ici, seulement des pays musulman. D’où la fabrication du fondamentalisme islamiste à grands renforts de violations des droits de l’homme en tout genre, d’Abu Graïb, à Guantanamo.

Le candidat qui est opposé à la candidate n’appelle pas à changer la France, ou à mettre fin au racisme structurel ou social qu y sévit et qui l’arrange, il appelle seulement à battre le Front National, bref ladite candidate. Tout est mis en place pour susciter l’adhésion la plus forte possible à ce projet de guerre et de destruction d’autres peuples, de civilisatons parfois multimillénaires. Rien d’autre ne compte. Ni la nature. Ni le racisme. Ni l’injustice sociale.

Il s’agit d’une forme de chantage. Il s’agit aussi d’une forme de manipulation. Autrement dit, tout est fait pour tromper la population et l’électeur, pour l’empêcher de se récrier, pour l’empêcher ensuite si tant est au nom de l’antiterrorisme de rebrousser chemin, de contester le bien fondé de la destruction d’autres peuples, de cette mondialisation tyrannique, et formidablement injuste. Tout est fait pour faire renoncer les individus à leurs « valeurs », à leur être, pour en faire les esclaves d’une tyrannie qui n’a rien à envier à celle qui a produit les Le Pen et cie.

Il y a peut-être encore moyen d’étouffer dans l’œuf cette machination. Mais c’est peine si l’on parvient encore à réfléchir, à analyser les faits, à peser le pour et le contre. On ne peut y parvenir qu’en provoquant une situation spécifique, en élisant des monstres, qu’en suscitant un conflit intérieur, qu’en provoquant un choc sans précédent.

Il y a peu de chances qu’une telle situation se produise. Bien sûr, une guerre peut éclater, même au cas où les Français, comme les Américains, auraient exprimé leur rejet de la guerre et du chantage. Et, alors, la volte-face de celle qu’ils auront élue peut se produire. Une telle volte-face représente un moyen de coercition d’une efficacité redoutable. Mais cette volte-face n’est pas certaine. Et elle peut être combattue, contrairement à une adhésion massive. De même que le racisme peut être combattu même lorsque des dirigeants ouvertement racistes sont au pouvoir. Tout pouvoir peut être combattu. Ce qui ne peut l’être, c’est le complet aveuglement de masses entières. Amis Français, réfléchissez bien. Mieux que je ne le fais. Ce n’est pas très difficile. Cette élection n’est pas n’importe quelle élection. Elle représente un événement d’une importance plus considérable que les précédentes, à cause de la situation explosive qui est celle de l’humanité pour l’instant, à cause de bulle financière, d’un taux de chômage réel exorbitant, de la crise climatique, et de la tentation de se servir des connaissances accumulées pour commettre des crimes sans précédent.

Chers amis, bonne pêche, et bon courage.

Paul Willems
Belge insoumis

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