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Le Plumitif (octobre 2009)

Pistes pour un débat plus large sur l’enseignement

Enseignement : le big bac ; société : le mic-mac

lundi 19 octobre 2009, par Adrien Du Katanga

Austérité budgétaire, à laquelle répond le coût à la hausse de la scolarité, inégalités scolaires qui se traduisent par une véritable guerre des inscriptions, nécessitant siège, parfois occupation des lieux, se soldant parfois par des non-inscription dans les délais, grogne du personnel enseignant, de nouveau prêt à partir en grève, fait écho à la compétition, à la lutte pour la survie existentielle, parfois programmes incohérents ou relents de privatisation, sans parler d’une menace sociétale confuse, perçue à travers les expulsions de parents et d’enfants étrangers arrachés à leur quartier, à leur école, à leur commune, comme à Pierre Paulus, à Saint-Gilles, il y a quelques temps — à quand une grève des enseignants pour ce genre de motif ? — l’école est dans la tourmente. Sans un débat plus large que le débat sur le déficit budgétaire, à terme, l’enseignement égalitaire, et donc l’enseignement, sont condamnés.

La situation dans l’enseignement est peut-être le prétexte idéal pour lancer un débat de société. Quelle société voulons-nous ? Et donc quel enseignement ? Avec le mot enseignement, il y a le mot travail. Le terme travail désigne un horizon et dramatiquement un fourre-tout. Voilà LE mot qu’il conviendrait de dénoncer. N’est-ce pas le cheval de Troie de toutes les horreurs, et de toutes les honneurs !

Pour se faire régulariser, il faut prouver qu’on a des compétences et, pour cela, il faut un travail. Il faut le garder. Dans chaque situation, le travail sert de monnaie d’échange, de chantage. Pour travailler, il faut étudier. Oui, et alors... Qu’est-ce que le travail ? Ici, les choses sont moins évidentes. C’est un gagne-pain. C’est là où l’on produit, à défaut de pouvoir s’exprimer... Pour qui ? Pour quoi ? Tout n’est pas absolument clair. Or quand on conclut un contrat, mieux vaut savoir à quoi s’attendre. On est confronté à une situation où on demande aux élèves de travailler, de prouver qu’ils méritent d’aller à l’école, d’avoir leurs points. Est-ce cela éduquer ? Et n’est-ce pas dommage ?

Pour ma part, je peux me tromper, mais il me semble qu’il est absurde de mettre de l’argent dans une telle supercherie, de pousser à la charrette. Il n’y a pas de travail. Pas de travail acceptable. Aujourd’hui, il n’y a même plus d’avenir à cause du productivisme. Ce sont les formateurs qui sont les plus désabusés. Du moins certains d’entre eux. Et cela, ce n’est pas un énième succession d’accords comme ceux de Val Duchesse qui vont changer les choses n’en déplaise à la duchesse. L’éducation ne se résume pas non plus à une corvée à accomplir pendant douze ans minimum du matin au soir, cinq jours sur sept, quarante et quelques semaines par an.

Non, 60% d’échecs en première secondaire, ce n’est pas assez. Il nous faut un système où les jeunes choisissent eux-mêmes, réellement, et leurs études, et leur travail... et leur vie... Et il faut en finir avec cette équation : travail égale biens de consommation, argent, richesse. Qui, du reste, ne marche que parce qu’elle repose sur une double supercherie, parce que, d’abord, il n’y a pas en suffisance de biens de consommation tels qu’on se représente que sont les biens de consommation, il ne peut y en avoir, et ensuite, travail sera toujours synonyme de pauvreté, du moins le travail auquel on accède en.. travaillant. Évitons les termes école, ou études, le mot travail. La richesse s’obtient uniquement en comptant, en assommant ses victimes, notamment de travail, et en se servant des lois pour voler, cela me semble évident.

Voir en ligne : Enseignement : l’électrochoc ?

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