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La France insoumise se réorganise

La FI a besoin de s’organiser ou de se réorganiser. En s’absentant, lors des amphis d’été, Jean-Luc Mélenchon a placé ses dirigeants devant une sorte de nécessité. Il les a mis en demeure de se positionner.

Ceci dit, entre parenthèses, l’absence de Jean-Luc Mélenchon aux amphis d’été de la FI ne devrait pas poser un tel problème, ne devrait pas susciter tous ces commentaires tirés par les cheveux au sujet des raisons ou pas de son absence. C’est le meilleur moment pour voyager, et il faut voyager, s’intéresser au reste du monde. C’est vital. Pendant le reste de l’année, la vie politique parlementaire exigeante qui est la sienne le retient en France. Et les amphis, c’est l’occasion ou jamais de laisser ses lieutenants prendre leurs responsabilités. S’il faut admirer la maîtrise du discours de Quatennens, du reste, ce sera aussi l’occasion de regretter l’absence de Danièle Obono, bien plus problématique à mes yeux que celle de Jean-Luc Mélenchon. Bref de regretter le côté franco-français de ces amphis, qui ont davantage servi à jeter l’opprobre sur l’immigration que sur quoi que ce soit d’autre. En tout cas, c’est ainsi que les choses ont tendance à tourner à cause de toute les prises de positions qui visent à défendre l’intellectuel mis en cause lors de ces amphis d’été à cause de ses propos sur l’islamophobie.

Les lieutenants de Mélenchon sont donc sont en train de se positionner. Ou ils l’ont fait, et, malheureusement, à mes yeux, ils ne s’en sont pas bien tirés. C’est peut-être dû au propre choix de Quatennens par Jean-Luc Mélenchon, plutôt que d’Obono ou d’autres. Malgré l’excellence de Quatennens, ce dernier a, en fin de compte, en soutenant un intellectuel officiel cherchant à justifier l’islamophobie, contribué à jeter l’opprobre sur l’immigration nord-africaine. Au faux pas d’un membre des Indigènes de la République qui souligne notamment le caractère systématique de l’écartement des cadres immigrés antiracistes à la FI, répond le faux pas de la FI.

Il y a ce qu’on appelle une opinion publique officielle. Et en dehors d’elle, il y a les opinions de chacun, des gens. Ce que nous vivons mal, c’est quand l’opinion publique officielle porte un jugement qui discrimine. Lorsque l’opinion d’un simple quidam fait la même chose, c’est beaucoup moins important. Une telle opinion publique officielle est très difficile à contredire, mais en politique, évidemment, c’est cette dernière qui compte et que les uns et les autres tentent de mettre de leur côté. Mais la mettre de son côté n’est pas facile. Pour y parvenir, partis et associations font souvent appel à des intellectuels officiels.

Qu’est-ce qu’un intellectuel officiel ? C’est un intellectuel qui fait passer l’officialité de la pensée avant la pensée. Bref qui essaie de se faire connaître en adoptant les tournures officielles de pensée, en les arrangeant à sa sauce, plutôt qu’on les contredisant lorsqu’elles le méritent.

La pensée officielle et le débat sur le colonialisme en France servent à présenter la France postcoloniale comme débarrassée du racisme, au-delà du racisme. Ce débat prétend mettre en cause sans y parvenir le racisme colonial, qui, du reste, n’aurait jamais sévi que dans les colonies. Telle est la pensée officielle sur la question du racisme. Et des intellectuels qui, autrefois, auraient été taxés d’intellectuels de Cour, de s’efforcer d’étayer cette thèse.
Combien restent encore persuadés que le colonialisme n’est pas du racisme! Même s’ils admettent que la société coloniale est, elle, raciste. Sur le racisme de la société coloniale, on a des écrits, notamment le fameux Voyage au Congo d’André Gide, que certains critiquent avec une ferveur qui reste emblématique du sort de la pensée dans notre société postcoloniale.
Sur le racisme du colonialisme en tant que tel il y a peu d’écrits, même s’ils sont très intéressants. Il y a Franz Fanon et Edward Said. Mais ce ne sont pas des philosophes, même si ce sont des intellectuels de premier plan. Il y a des poètes comme Césaire. Mais pas de philosophes. Par contre, il y a des philosophes racistes : Montesquieu, Voltaire, Alain ont tous des propos racistes.
Les philosophes échouent complètement à faire la part des choses.

Pour éviter certaines polémiques, lors des événements représentatifs qu’ils organisent, partis et associations s’efforcent généralement de proposer des intervenants les plus en accord possible avec cette opinion publique officielle, dite opinion commune. Et, en même temps, en accord avec leur propre point de vue. Mais c’est justement ce qui pose problème, à cause du caractère polémique de cette pensée officielle. Impossible d’éviter les thèmes polémiques surtout lorsqu’on veut faire changer des choses. C’est le cas de l’opinion sur l’islamophobie et sur le racisme en général.

Invité par la FI a donner une conférence aux amphis d’été, Henri Pena Ruiz a fait part de l’opinion philosophique officielle (ou commune) au sujet de la laïcité, opinion qui est considérée comme anti-raciste, et qui sert actuellement à départager racisme et antiracisme. Il s’agit bien d’une opinion. Pas d’une philosophie. Et cette opinion qui a le défaut de se dire philosophique confère à la laïcité une valeur universelle. C’est cette universalité qui empêcherait de considérer l’islamophobie comme du racisme. N’étant pas raciste, l’islamophobie serait acceptable ce qu’elle n’est en fait pas à cause du racisme. C’est l’existence de ce racisme qui fait de l’islamophobie un problème. L’impossibilité de critiquer l’islam provient du racisme. Bref, en aggravant ce racisme, on rend la critique de la religion, nécessaire et même salutaire, impossible. Cela la pensée officielle, particulièrement abstraite, ne le considère pas. Les mentalités dans nos sociétés sont encore largement colonialistes ou différentialistes et l’islamophobie procède bien à une théorisation raciste de l’islam. C’est ce racisme qui a choqué un commentateur de la conférence d’Henri Pena Ruiz et suscité une polémique. Ce n’est donc pas tellement le procès de HPR qu’il faut faire ici, mais celui de la philosophie et de la pensée officielle, qui passe pour de la philosophie.

À cette dimension intellectuelle se superpose la dimension politique de l’affaire. Lors de chaque campagne électorale, et même en dehors, quand on sait que des gens, un parti va se présenter à des élections des accusations terribles sont proférées. Des anathèmes sont lancés parfois par des gens qui ne sont pas n’importe qui.

Que faire ?

Une fois encore la FI bute sur ce problème. Le FN aussi, mais d’une autre façon. Lui voudrait faire passer l’islamophobie pour salutaire, voire indispensable. La FI s’attaque seule à cette difficulté, bref au racisme, à l’échelon politique. Cela fait partie de son ADN. On ne peut le nier.
À la FI, lorsque c’est Danièle Obono qui réagit à des propos racistes, elle, dans le bon sens, mais avec ses mots, sa sensibilité, l’opprobre est générale. La FI a les plus grandes peines du monde à s’en tirer. C’est ce que ses dirigeants ont sans doute voulu éviter.
À cause du bashing plus ou moins systématique dont pâtit la FI, cette dernière ne semble pas en mesure pour le moment d’affronter la pensée officielle et les médias qui en sont les propagandistes. Cela soit dit en passant, ceux qui la critiquent et qui tirent sure elle à boulets rouges sont donc également en tort et font eux-mêmes le jeu des racistes.

Bien sûr, officiellement, le racisme est condamnable. Mais, dans les faits, c’est beaucoup plus complexe. Justement à cause de cette pensée officielle, de cette opinion commune peu ou prou officialisée avec laquelle il n’est pas toujours facile de compter.

En Belgique un festival local, annuel, la Ducasse d’Ath, vient de faire débat. Une personnalité grimée en noir, servant à représenter un soi-disant sauvage, y défile bardée de chaînes. Les Athois sont persuadés que cela n’a rien de raciste. Pour eux, le sauvage correspond à une réalité historique. En criant, menaçant la foule, le sauvage ajoute du piquant à leur festival et est apprécié pour cette raison. Il est un fait qu’il semble plus difficile de rire des autres personnalités historiques, princes et ducs, chefs de gildes, et autres personnalités représentatives de militaires défilant à ses côtés. Mais l’Unesco vient de trouver que ce soi-disant sauvage qui est toujours un noir, ou plutôt un blanc grimé en noir, est raciste. Les Athois ne comprennent pas pourquoi. C’est un des drames du racisme, c’est qu’il passe volontiers pour de l’humour, ou qu’il aurait un caractère historique. Le racisme se faufile, se perpétue grâce à des amalgames difficiles à critiquer. Il essaie de passer pour autre chose et se défend bec et ongles. Le racisme s’appuie volontiers sur l’humour. Au Brésil, il existe ce qu’on appelle le racisme cordial. C’est du racisme. C’est une forme d’humour. Les gens ont du mal à faire la part des choses parce qu’ils aiment ce qui les fait rire et ce qui les rassure. Pour les Athois, le sauvage symbolise en réalité l’anormalité, le fou, celui qui dérange, qui ne se comporte pas comme tout citoyen responsable, qui ne s’adapte pas à la société. Mais la folie est un thème tabou dans nos sociétés. Le fou est traité par le folklore, vu par lui, comme un personnage qui vivifie la société, qui la fait remettre en question ses propres illusions, qui sert à la régénérer. Le sauvage par contre en représente l’adversaire résolu. Un peu comme l’anarchiste, dont le thème est du reste complètement tabou. Pourquoi ne remplacerait-on pas le sauvage par un anarchiste, disant ses quatre vérités à la population ? Parce que cela la déstabiliserait.

Pour en revenir à la FI, et à la France, où le racisme officiel porte différent noms : racisme d’état, ou structurel, néocolonial, ou postcolonial, il nécessite un positionnement. Ou les dirigeants de la FI agissent, se positionnent, n’attendent pas que Jean-Luc Mélenchon leur donne des consignes, se comportent en responsables et s’entendent, ou bien, effectivement, il se peut qu’elle échoue. Car s’il est une raison à son existence, c’est bien ce racisme d’état, sur lequel les autres formations politiques, elles, ont plutôt tendance à s’appuyer. Si ses portes-drapeaux et portes-paroles des médias ont tellement de rage contre Jean-Luc Mélenchon, cherchant à tout prix à le faire passer pour une sorte de leader charismatique, pour ne pas dire de fuhrer, c’est bien parce qu’il les empêche de s’en tenir à cette pensée commune confortable, source prévisible de dérives, pires les unes que les autres.

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G7, France insoumise, et France tout court

Rue à Bassouès, Gers

Je suis tombé par hasard sur un drôle d’article, publié sur un drôle de site web intitulé : France Insoumise, de l’ambulance au corbillard. Le lire ainsi, sans préparation, sur le conseil d’un ami, m’a vaguement outré. Jolie petite plume que celle de l’auteur de cet article pourtant, qui, sans doute, regrettait de ne pas parvenir à s’employer et qui s’est rabattu sur ce qui lui paraissait correspondre le plus au modèle de gens, de chose à déplorer, de cible quoi, comme cela s’apprend si bien dans un certain petit monde, indispensable à son naturel déploiement. De fait, c’est le genre d’exercice impossible quand l’on prétend s’acoquiner avec la FI. Bref, l’occasion en tout cas de reprendre du service. Le style fait l’homme, c’est bien connu. On ne change pas de style même en cinquante ans, sur le temps d’une vie.
Bizarrement, la petite plume n’a pas raté son coup.

Le tableau qu’elle brosse de la FI, pourtant, j’adore. Il y est question de néo-babos qui réclament la retraite à cinquante ans et la fin du nucléaire, de libertaires.. Il serait également question de gens dont le QI est inversement proportionnel à la volonté de nuisance – et à la capacité de faire du bruit sur les réseaux. En soi, cela ne constitue pas une critique. A condition de considérer que la volonté de nuisance des militants de la FI est quasi nul, il y a de quoi se réjouir puisque cela signifie que ce sont les gens les plus intelligents qui soient. Il y est question d’obsédés. Encore quelqu’un qui confond obstiné et obsédé. Sans doute à cause d’une projection.

Jusqu’au ton désabusé qui évoque un corbillard, après l’ambulance. Eh oui, un corbillard ! C’est que c’est drôle un corbillard ! Songez aux films qui traitent de ce sujet grave : l’enterrement. La plupart du temps, l’enterrement y correspond au moment le plus drôle du film. Certains enterrements sont plus drôles que certains baptêmes. Pour tout dire, un enterrement est généralement plus drôle qu’un baptême. La raison en est simple. Un enterrement, ce sont souvent des problèmes en moins. Un baptême, c’est souvent un problème supplémentaire. Un couple y gagne quelquefois sa survie, mais quelle survie ! Bien sûr, lors d’un enterrement l’on perd une personne que l’on aime, en tout cas parfois, l’on est inconsolable. Mais voilà, quand on est plusieurs à être inconsolables, généralement, à force de ne rien comprendre, on est drôle, on dit des choses idiotes, on s’embrasse et on chante, on fait la fête.

Bref, une authentique image d’Épinal.

Cette plainte qui se veut acerbe, eh bien, elle m’a presque mise de bonne humeur. J’aime bien moi un parti qui ne ressemble à rien. À rien qu’on connaisse en tout cas. J’en ai côtoyé des partis, et bien, c’est fou comme les gens s’y prennent au sérieux et sont prodigieusement ennuyeux. Même les plus souriants, les moins arrogants. Tous ont les cheveux courts, souvent coupés en brosse. Le cas d’un mathématicien de LREM est un cas unique. Du reste, on n’en entend plus parler.

Un ramassis de punks à chien, voilà comment la FI est décrite par le ci-devant Ambroise. Les islamophobes y seraient la cible de critiques. Sans blague. Cherchez l’erreur. La seule explication, c’est qu’ Ambroise s’est gouré, il a confondu la FI et le FN, ou ce qui en tient lieu. Un peu comme, pendant la guerre 40, des nationalistes se sont engagés dans la résistance chez les communistes en espérant faire d’une pierre deux coups : se battre pour leur pays et transformer les communistes en grenouilles franchouillardes et capitalistes. Le quiproquo dure encore. Certains confondent encore gaullisme et communisme.

Pour le sieur de Rancourt, la FI n’aurait pas de structure intellectuelle et serait peuplée d’arrivistes. Il veut sans doute parler du manque d’autorité centrale capable d’imposer une politique, bref, de nommer, dégommer, décider à la place des autres, d’en faire de la choucroute. Ou alors il fait allusion au naturel qui permet de faire passer des idiots pour des gens intelligents. À la FI, je le concède, c’est l’inverse, ce sont des gens intelligents qui passent pour des idiots.

Si une structure fait défaut, c’est aux Français eux-mêmes, pas à la FI. Il y a bien le vieux comité des Forges, toujours en activité, un peu comme l’Etna, ou comme le Nyiragongo. Mais on ne peut guère parler à son sujet d’intelligence. Il s’agirait plutôt d’une sorte d’habitude. Il fait partie des organes économiques qui portent une part de responsabilité dans le déclenchement de la seconde guerre mondiale.
Il y a aussi la vieille garde colonialiste toujours prête à fondre sur n’importe quel lopin de terre du tiers-monde, comme sur la Cochinchine.

Et il y a le gigantesque appareil culturo-médiatique capable de masquer, de dissimuler tout ceci sous toutes sortes d’illusions, de truquer les élections, de mentir à tout propos, et que l’on assimile à tort à de la culture et même à la culture française contemporaine, dont les jugements, les critiques sont aussi inconsistants que possible. Pour ceux qui ne passent pas leur temps dans les livres, et il n’en manque pas, et même pour les autres, quand la télé leur présente un soi-disant génie, un savant, ou un philosophe, il n’est pas toujours facile de faire la part des choses, surtout quand un chanteur de charme ajoute son grain de sel et donne raison au crétin en question. Mais qu’ils se rassurent, c’est du show, c’est aussi faux que l’assertion selon laquelle la terre est carrée. Cet appareil n’en est pas à une contre-vérité près. Il y a longtemps qu’il est perdu de réputation. S’il fait illusion, c’est grâce à eux. Il n’est pas pire que la plupart des grands écrivains du passé. La culture, télévisée ou pas, sert avant tout à raconter des sornettes, à noyer le poisson. L’appareil médiatique a beaucoup de mal désormais à assumer ses dires et ses mensonges. Aussi doué soit-il. Il se bat comme un beau diable. Il accuse l’Internet. Mais il passe son temps à se contredire.

La FI qu’on rabroue, qu’on traîne en justice, qu’on calomnie, il est vrai, manque un peu de nerfs. Mais elle n’est pas à côté de la plaque comme on a un peu trop souvent tendance à le dire partout. Elle a probablement décidé de ne pas s’ennuyer à raconter des sottises, et c’est tant mieux. C’est plutôt une chance. Espérons que ça dure. La seule chose qui explique ses soi-disant échecs, reculs électoraux, c’est justement la propension des gens à croire les bêtises qu’on raconte dans les médias. Les médias sont payés pour dire des bêtises. Ils ne s’en sortiraient pas autrement. Pour tout dire un journal aurait le plus grand mal à paraître s’il ne disait pas des bêtises. C’est cela la liberté de la presse. Beaucoup de gens continuent à les prendre au sérieux. La bataille contre la débilité organisée est difficile. Tout ça alors que la planète part en fumée et plein d’autres choses. On dirait parfois qu’elle est perdue. Peut-être. Mais le plus important est de la mener, et de continuer à la mener.

Ruffin devrait faire un voyage, comme Mélenchon. Il passe de temps en temps à Bruxelles, mais je ne suis pas certain que cela l’aidât beaucoup à prendre un peu de hauteur. Il pourrait aller faire un tour en Inde et en Chine. Cela lui ferait du bien. S’il se rend au Népal, par contre, cela va encore attiser la rumeur de hippisme chère aux esprits chagrins. Sans les hippies, le Vietnam et les USA seraient toujours en guerre.

Sans doute, le G7 n’est-il pas sans rapport avec les doutes et le travail de lèche de la dernière chance de Monsieur je ne sais comment. Car on ne peut guère attribuer au hasard la génuflexion devant le pouvoir, la force que représente son petit exercice de style. Comment appelle-t-on le genre d’attitude qui consiste à épouser la révolte, et ensuite, à se confondre en excuses, à étaler ses doutes, et à se jeter aux pieds du pape ? Il s’agit d’une méchanceté. On est d’accord. Une stupide méchanceté. Bien inutile de surcroît, en tout cas à l’en croire, puisque, selon lui, la révolte est presque déjà condamnée. Il n’y a pas là de quoi fouetter un chat.

Sauf que ce n’est pas le corbillard de la FI auquel on a affaire, mais celui de la France tout court. Et que là, c’est moins drôle. C’est la France qui s’en va. Et le chef d’œuvre que je tente d’analyser l’atteste. L’énergie déployée à Biarritz par E. Macron pour tenter de se faire passer pour l’un des dirigeants du monde qui compte, aussi. On est tenté de croire le contraire, mais cette belle énergie est trompeuse. La vérité, est que ce G7 ne change rien à rien. Il n’y a pas une thématique abordée qui ne scellât pas encore un peu plus la fin d’une époque, d’un monde, sinon celle du monde.

Quelles y furent les principales thématiques abordées?

Taxation du GAFFA. Depuis quelques décennies, l’humanité vit grâce au World Wide Web. L’Internet est une révolution exceptionnelle. Nous sommes tous connectés. Nous pouvons comprendre et aimer ce qui se déroule à Lubumbashi ou à Hanoï, assister à un défilé à Los Angeles, écouter un rap martiniquais. On peut s’informer en temps réel, et s’apercevoir que ce qu’on nous raconte n’est pas souvent aussi objectif et raisonnable qu’on ne nous le dit. Mais tout ce que ces dirigeants ridicules qui servent à fourguer de l’argent à des milliardaires trouvent à faire, c’est à discréditer les GAFFA qui, eux, ont changé la réalité, ont réellement permis au monde d’évoluer. Ne seraient-ce pas plutôt les états, les institutions, qu’il faudrait changer ? C’est décevant. Je les aime bien les GAFFA. Privés souvent de job, de famille, ils sont un peu ma famille. Tandis que les gouvernements représentés au G7 fourguent des millions aux journaux qui relaient leurs théories monstrueuses et aux entreprises qui licencient, ils veulent taxer les GAFFA qui sont le seul moyen existant de les contredire et de conserver la tête hors de l’eau. C’est nul. C’est moche. Et se servir d’un jeune président pour tenter de faire passer cela pour une bonne nouvelle, c’est encore plus moche. Il est certain qu’on s’efforce de préparer une guerre et qu’on a besoin de brider l’Internet, d’imposer le silence à tout le monde de manière définitive. C’est affreux. Au lieu de déclarer que l’Internet doit demeurer libre, ouvert à tous, à toutes les différences.

On nous parle aussi des relations économiques entre la Chine et les U.S.A.. Mais rien ne perce, tout demeure confidentiel. Pour tout dire, on dirait presque qu’on cherche un moyen de faire pression sur la Chine pour qu’elle accepte sans broncher les sanctions américaines. Mais, évidemment, on ne le dit pas. Ce serait trop extraordinaire. Bref, on renoue avec la vieille politique de la canonnière, avec le commerce inégal, une vieille spécialité occidentale. Même si on ne le dit pas. On veut bien que les Chinois bossent, mais comme des coolies, pas comme des travailleurs normaux, et pas pour des Chinois, mais pour des patrons anglais, allemands, français, américains, comme au siècle passé. Rien de très réjouissant, quels que soient l’impact de la Chine par exemple sur la déforestation en Afrique ou ailleurs. Je signale en passant que cet impact n’est pas pire que celui des Occidentaux et des banques de Paris ou de Londres qui investissent dans les accaparements de terre massifs en Afrique et ailleurs. L’Occident a une sérieuse avance dans ce domaine.

Pas un journal ne relève ce genre de contradictions. Pas un commentaire qui ne serve pas d’encart publicitaire pourtant à un sommet plus que fâcheux comme il s’en réunit de plus en plus souvent. C’est cela, oui, parlons de Hong Kong et critiquons la F.I.., les lâches !

L’on a eu droit à un invité surprise : un ministre iranien. Mais que c’est drôle. Comme c’est surprenant. Il est sûr que, si une guerre éclate, on en imputera la faute à l’Iran, pour l’instant menacé par tous les dirigeants les plus débiles et parmi les plus puissants qui soient, par trois ou quatre puissances nucléaires à la fois. À part cela, l’Iran devrait, lui, se passer de l’arme nucléaire. On est en train de faire un pas de plus en direction de la troisième guerre mondiale.

Bref un sommet de cons. Et le contribuable français qui en assure les frais et qui en est en même temps une des cibles ne voit pas bien à quoi se raccrocher justement, à part à la guerre, pour sauver sa peau. C’est le moment de sortir les drapeaux. Peut-être qu’on vivrait mieux comme avant, sans Internet, se disent certainement certains. Sans Libé non plus. Avec le Figaro.

Bref, adieu oui, mais adieu la France, j’ai envie de dire : éternellement conne.

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Où va-t-on?

Travailleur en train de se reposer.

Concevoir un
programme politique n’est pas une mince affaire. Je ne vais pas en
faire tout un fromage. Mais c’est d’autant plus complexe, que, ce
qu’il nous faut, c’est un programme différent de ceux que les
partis traditionnels et même les autres ont l’habitude de faire.
Tout d’abord, il faut déterminer quel(s) but(s) est (sont) à
poursuivre. Ensuite, il faut définir les moyens qu’on est en
mesure d’utiliser, ou qu’il s’agirait d’utiliser pour
atteindre ce(s) but(s).
La plupart des programmes politiques
essaient d’imaginer des objectifs vaguement compatibles avec les
croyances politiques habituelles. Il s’agit pour eux de mettre
l’accent sur l’une ou l’autre croyance et d’orienter
l’électeur, l’internaute, le plouc quoi, de manière à
crédibiliser le plus possible les propositions qu’ils formulent.
La magie des élections sert même à rendre parfaitement crédibles,
bref souhaitables, des programmes totalement abjects, voire même
aberrants.
Or les grands objectifs qu’il s’agit de
poursuivre collectivement sont désormais hors d’atteinte par cette
manière de faire. Les programmes politiques existants tablent sur
une sorte de statu quo. Les politiciens, même les plus aguerris, ont
a l’air de croire que, pour que rien ne change, il suffit d’agir
sur des variables extérieures au système que l’on prétend
préserver. Ils n’ont pas d’autre alternative. Or lutter pour que
rien ne change, c’est
lutter pour que les mêmes causes qui sont en train de provoquer des
catastrophes continuent à agir et à fonctionner.

Bref les programmes
politiques existants provoquent des catastrophes en prétendant les
éviter. Il en est ainsi parce qu’ils sont largement imposés par
des individus et des structures surpuissantes qui ne voient dans le
bien commun qu’une formule servant à justifier des stratégies qui
leur permettent de s’enrichir à court terme. Ces individus
surpuissants se rencontrent par exemple lors de réunions
internationales comme à Davos. Ou ils font partie de groupes comme
le club du Bilderberg.
Tout est dans la présentation qui est
faite de leurs stratégies économiques en général par les partis
politiques qui ne trouvent rien d’autre à faire que se mettre à
leur service, et dans le flou intégral qui entoure les profits, les
injustices qu’elles permettent d’engendrer.
Des dispositifs
sont même utilisés pour imposer ces stratégies qui s’apparentent
à du chantage, à des coups de force. Ainsi, la crise de 2008
a-t-elle permis d’extorquer 800 milliards au trésor américain.
800 milliards qui sont en grande partie allés dans les poches des
plus riches.
Une toute autre stratégie politique aurait eu un
impact tout différent, mais, quoique nettement meilleure, elle
aurait très probablement provoqué des insurrections si elle avait
été mises en œuvre. C’est ce type de conséquence qu’Alexis
Tsipras a prétendu éviter au dernier moment, alors qu’il s’était
mis en mesure de pouvoir prendre la décision sans précédent
d’opter pour cette autre stratégie politique.

En 2008, il aurait
mieux fallu liquider les banques faillies, pas seulement l’une
d’entre elles, et aider une partie de la population à vivre sur un
pied différent, à changer progressivement de modèle de vie. On
aurait dû en profiter pour fermer des centrales nucléaires.

Changer de mode de
vie, rendre possible un autre type de rapport au travail, à la
société, réinsérer d’un coup une partie des exclus, partager le
travail, mettre au point de nouvelles logiques d’aide, pour que le
plus grand nombre trouve à nouveau leur place dans la société,
profiter de l’occasion pour mettre quelques grandes fortunes sur la
sellette, et pour imposer quelques réformes aux banques et aux
grandes entreprises, aurait dû être fait, ou, du moins, entrepris,
après 2008.
Il aurait aussi été souhaitable d’en profiter
pour mettre sur pied un programme de lutte contre la pollution des
mers, de l’air, de la nature et des sols. Sans parler de celle
des esprits auquel, en dépit de ses mérites, l’enseignement
lui-même contribue en classant, séparant, hiérarchisant les
élèves, en leur inculquant toutes sortes de préjugés, notamment
sur le travail, comme si travailler pour quelqu’un d’autre, pour
lui permettre d’amasser de l’argent à n’importe quel prix,
avait une quelconque valeur, ou sur la démocratie. Comme si le fait
d’avoir des Parlements représentait le nec plus ultra de la
politique.
Voilà le type de programme alternatif qu’il
aurait fallu mettre au point et appliquer. Ne pas l’avoir fait nous
expose aujourd’hui à des crises financières plus dévastatrices
que jamais, que les gouvernements en place sont en train de chercher
le moyen de maquiller, de dissimuler ou de nier à tout prix en
provoquant d’autres catastrophes, ou en leur inventant des causes
imaginaires. Il semble que la théorie du réchauffement climatique
fasse partie de ces mécanismes de dissimulation.
Bref, les
choses vont trop loin. C’est le cas depuis longtemps, mais les
conséquences des abus et des dérive à l’œuvre depuis longtemps
sont seulement maintenant sur le point, sinon d’éclater, du moins
de donner leur pleine mesure. Beaucoup parlent tout simplement de fin
du monde. Il est évident que si certains monstres d’orgueil et de
pouvoir sont confrontés à des échecs, ils pourraient bien tenter
le tout pour le tout et provoquer une crise d’une ampleur jamais
atteinte. Il est même possible qu’il ne soit même pas nécessaire
qu’ils se décarcassent pour provoquer une telle catastrophe. Que
se passera-t-il le jour où il fera 150 degrés Celsius en Australie
pendant tout un mois ? Ou quand, en Europe occidentale
elle-même, l’eau ne sera tout simplement plus potable à force
d’avoir laissé des multinationales en assumer seules la gestion,
et n’avoir rien fait pour affronter les problèmes existants, ayant
surtout consacré leur énergie à les nier et à empocher de
l’argent.

Quelle stratégie
politique, quel programme politique donc, seraient en mesure
d’affronter de telles menaces, de repousser une fin du monde
imminente , tout en permettant à chacun de s’épanouir. Il ne
s’agit pas bien sûr, quoique ce soit ce que certains ont en vue,
de généraliser les travaux forcés, de renouer avec l’expérience
des camps et des formes d’économie et de capitalisme de guerre.
Pour quoi faire, il serait temps de se poser la question ? Pour
éviter de se faire écraser et mettre au travail par les Chinois ?
C’est une menace que ne manquent pas d’agiter les nombreux
dirigeants occidentaux qui ne voient plus d’autre solution de plus
en plus qu’une sorte d’esclavage, ou la guerre, en principe
d’abord par procuration, et contre des puissances moyennes, mais,
forcément aussi, contre des grandes puissances et de manière
déclarée, et, en fait, les deux. 
Construire des
méga-prisons, enfermer toutes sortes de catégories de personnes,
séparer parents et enfants, provoquer des guerres dans des petits
pays, et armer d’autres petits pays pour les rendre totalement
monstrueuses, limiter les libertés, surveiller Internet et toute la
population grâce à Internet, sous prétexte de l’accabler de
publicités, adaptées à ses goûts et préférences,
telles sont les logiques en
vigueur. Toute politique qui critique ce type d’objectifs, ou les
mesures prises qui convergent vers ces objectifs, bref les politiques
dites sociales, ou écologistes, sont traitées en ennemies ou
instrumentalisées.

Il
s’agit aussi de convaincre de voir
les choses autrement des
masses que d’énormes moyens de pression, qu’une propagande
organisée convainquent pour l’instant du contraire, et qu’ils
continueront à duper jusqu’au dernier moment, un peu comme, à
la fin de la seconde guerre mondiale, Hitler
dans son bunker continuait à donner des ordres aberrants à ses
généraux qui continuaient à lui obéir.
Que
dire de plus sans écrire tout un essai sur la question ? Il
nous fait élaborer un programme capable de dire stop à
d’effroyables
dérives.
Il nous faut le construire et le mettre en œuvre. C’est notre
seule chance de survie. Et, en tout cas, pour 99 % des gens,
pour les ploucs que nous sommes, notre seul espoir de sauvegarder nos
espérances et notre droit au bonheur, et, pour beaucoup, même,
leur chance d’y accéder.

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Le château de cartes des élections communales

Comment a fonctionné la communication entre PS et PTB?


Explications de Raoul Hedebouw au sujet des négociations électorales entre le P.S. et le P.T.B..

La presse a fourni une pseudo-analyse. Elle a permis de saisir certaines choses, mais il n’y a pas eu de débat au sens fort du terme au sujet des refus des uns et des autres. Il n’y a pas eu de post-négociations. Il y a eu un début de débat. C’est mieux que rien. Mais ce n’est pas assez.

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Brochure programme du parti QQVF

couverture de la brochure électorale de la liste QQVF

 

Dans cette brochure, en tant que tête de liste de QQVF (Qu’est-ce qu’on va faire?), j’expose le pourquoi de mon engagement, ma vision de ma belle Commune, et de ses problèmes, et j’évoque de manière synthétique quelques solutions et quelques objectifs que l’on pourrait tenter de conférer à la politique communale. Cette agréable brochure, réalisée, comme toujours dans l’urgence, avec les moyens du bord, se clôt par cette proposition: faire de Saint-Gilles un territoire zéro chômeur.

 

Paul Willems

brochure_elections_communales.pdf

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Le vieux monde et le nouveau

Fête en l'honneur de l'inauguration d'un square Lumumba à Bruxelles le 30 juin 2018

LETTRE

 

Bonjour M.,

Je viens de lire l’article dont L. me donne la référence, et que tu lui as communiqué pour que j’en discute avec B.. Continuer la lecture de Le vieux monde et le nouveau

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France insoumise, P.S. et chômage.

 

Les grands médias essaient de susciter un rapprochement entre le PS et Mélenchon. Ce faisant, ils espèrent éliminer Mélenchon et imposer un agenda économique. Continuer la lecture de France insoumise, P.S. et chômage.

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L’incertitude.

Le mineur. Sculpture de Constantin Meunier

 

Jacques Généreux, une des chevilles ouvrières de la campagne électorale et un des intellectuels à la base du programme de Jean-Luc Mélenchon vient de publier un livre où il propose d’arrêter de voter n’importe comment : Les bonnes raisons de voter Mélenchon (édition « Les liens qui libèrent », 2017). Continuer la lecture de L’incertitude.

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Débat télévisé avec Jean-Luc Mélenchon et Nathalie Arthaud.

On n’est pas couché, avec Jean-Luc Mélenchon et Nathalie Arthaud. 11 mars 2017. Débat télévisé intéressant. Belle émission. Pas vu le temps passer. Continuer la lecture de Débat télévisé avec Jean-Luc Mélenchon et Nathalie Arthaud.