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Pourquoi le véganisme?

Notre époque a besoin d’un changement radical. Mais lequel? Un des problèmes de base de cette époque, ce sont les mauvaises habitudes alimentaires. Quelles sont-elles? Manger vite, manger de la nourriture industrielle, manger trop peu, ou beaucoup trop.. L’on mange trop quand on se nourrit trop facilement.. de choses trop accessibles.. trop visibles.. etc.. Acheter de la nourriture est-il plus facile qu’auparavant? C’est difficile à dire. Dans certains pays, la nourriture existe en abondance.. Dans d’autres, des gens mangent deux fois par semaine, et de la viande, jamais. Disons que la publicité incite cependant à la dépense. Et beaucoup de publicité concerne la viande. Et bien sûr, avant tout, le bœuf. On mange du bœuf à toutes les sauces. Il existe même le préjugé que cette viande serait plus saine que les autres. Est-ce que cette publicité incite à manger trop? Et trop mal? Peut-être. Il yn a un demi-siècle, pour manger le même morceau de bœuf, il fallait se serrer la ceinture. Il fallait savoir cuisiner. On cuisinait davantage du reste. Les gens connaissaient de bonnes recettes. Ce n’et plus le cas aujourd’hui, où pour manger une bonne recette de viande de bœuf il faut se rendre au restaurant. Et encore. La plupart des restaurants proposent des morceaux de bœuf standard.. de la viande grillée. La publicité, le prêt-à-cuire, les plats préparés, ont transformé l’alimentation des consommateurs des pays riches, et désespèrent ceux des pays pauvres.
Pourquoi le rêve de beaucoup d’enfants est-il de manger des steaks hachés chez Mac Do? Pourquoi des adultes entretiennent-ils le même rêve? Peut-être pour une question de facilité. Ils n’ont pas le temps de cuisiner. Avant la femme faisait ce travail. Malgré ses nombreuses heures de travail ménager, la femme actuelle n’a plus le temps de cuisiner des petits plats.
Bref, le problème est complexe.. Temps de vie limité, frustrations, publicité, nourriture industrielle, tout cela a modifié les habitudes alimentaires. Les riches peuvent se payer de « bons » resto, mais les autres proposent souvent une nourriture de moins bonne qualité, une nourriture grasse..
Les enquêtes se multiplient à ce sujet.
Aux problèmes alimentaires il faut aussi ajouter le problème causé par la condition animale, le fait que de la bonne viande animale est littéralement saccagée en braconnant et en massacrant massivement des animaux, notamment en Afrique.Mais partout, des espèces importantes sont massacrées. De mauvaises techniques de pêche sont utilisées.
Nous vivons un écocide. Et surtout nous avons affaire à une extinction massive d’animaux.
La torture animale est un des faits les plus dramatiques de notre époque.
L’enfermement, la vente massive d’animaux sauvages aussi.

Une rupture radicale avec nos habitudes est-elle cependant nécessaire? Ne peut-on changer cela, améliorer nos modes de production, nos modes de fonctionnement. Hélas non. Nous ne pouvons pas changer cela au moyen de campagnes appropriées, classiques. Nous ne pouvons pas non plus changer cela par des lois. Lorsqu’un gouvernement canadien a interdit la pêche industrielle du cabillaud pour sauver cette espèce, dans la baie d’Hudson, il a été confronté à des campagnes très violentes de critiques et de contestation. L’homme est un être d’habitudes. Il a surtout peur de se faire rétrograder dans une société qui fonctionne encore largement de manière naturaliste. Changer les choses est difficile.
D’abord parce qu’il est difficile de penser le changement. penser une petite amélioration de temps en temps est facile. Penser le changement est beaucoup plus difficile. Changer pose plein de problèmes.
Une des seules manières de changer les choses est de créer un mouvement de masse qui modifie son approche des choses, de la société, des normes.. C’est ainsi que le christianisme a pu lutter contre l’esclavagisme, ce fléau de l’antiquité.
Aujourd’hui c’est tout notre mode de consommation qu’il faut changer, ce qui inclut non seulement la nourriture, mais notre dépendance à certains produits de haute technologie.. ultra-consommateurs de matières premières et d’énergie, mais qui sont surtout le prétexte au maintien de moeurs esclavagistes ou quasi esclavagistes dans les pays producteurs de ces matières premières. Léopold II n’est pas hélas un cas isolé et surtout ses méthodes sont toujours d’actualité.
Pour penser le changement, pour penser différemment, pour se désaliéner, il est nécessaire de changer radicalement. Il est évident que se prétendre végan et continuer à acheter méthodiquement des appareillages ménagers, des autres machines, cela ne sert à rien. En changeant radicalement d’habitude, il s’agit de se donner les moyens, le temps, l’occasion de repenser toutes nos habitudes et surtout de créer une contre-culture ad hoc, capable de nous permettre de fonctionner aussi efficacement et même plus efficacement que la culture industrielle de masse.
Pouvons-nous nous passer du téléphone portable, ou plutôt disons, du smartphone, cet outil formidable, extraordinaire? Par quoi remplacer le productivisme qui est en train de mener l’humanité à la guerre, à l’extermination, et la nature à une crise dévastatrice et sans précédent dans l’histoire humaine? Nous devons nous atteler à le comprendre. Nous devons aussi entreprendre d’autres tâches tout aussi complexes. Nous devons transformer, réformer la démocratie. Pourquoi la démocratie est-elle en effet le règne de l’injustice plutôt que celui de la justice? Comment expliquer la prolifération du trafic organisé, dont les guerres sont une des conséquences puisqu’elles sont en partie la conséquence du commerce des armes? Et comment la transformer? Faut-il la combattre? Faut-il privilégier un certain type de dictature, ou, en tout cas, la renverser, pour la construire sur d’autres bases comme le préconise la France insoumise?
Pour comprendre le pourquoi du véganisme, nous devons nous demander ce qui se passe quand, tout d’un coup, l’on ne peut plus du tout manger de viande animale, et si l’on ne peut plus du tout faire de mal aux animaux. Si, au contraire, il s’agit de les préserver, de les soigner, ce que certains font déjà de manière remarquable. Cela créerait un schisme, une rupture qui pourrait se révéler salutaire. La technique représente désormais une menace plus qu’un soutien. Nous devons nous affranchir de  cette technique, changer de technique ce qui n’est pas possible si nous ne nous plaçons pas en dehors du monde, ou, du moins, si nous ne changeons pas radicalement de cadre de référence. Nous ne pouvons pas nous mettre à repenser le monde, à le refaire, comme le disait Murray Bookchin.
Interdire la destruction de certains animaux, cela sauverait à coup sûr d’immenses forêts et nous épargnerait peut-être en partie le réchauffement climatique actuel puisque les forêts sont un des plus grands capteurs de CO2.
Cela nous épargnerait une solitude dévastatrice et catastrophique, et nous permettrait de lutter plus efficacement contre la menace de la fin du monde.
Bienheureux celui qui comprend cela, au lieu de croire qu’il ne peut être heureux qu’à condition de l’ignorer…

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