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G7, France insoumise, et France tout court

Rue à Bassouès, Gers

Je suis tombé par hasard sur un drôle d’article, publié sur un drôle de site web intitulé : France Insoumise, de l’ambulance au corbillard. Le lire ainsi, sans préparation, sur le conseil d’un ami, m’a vaguement outré. Jolie petite plume que celle de l’auteur de cet article pourtant, qui, sans doute, regrettait de ne pas parvenir à s’employer et qui s’est rabattu sur ce qui lui paraissait correspondre le plus au modèle de gens, de chose à déplorer, de cible quoi, comme cela s’apprend si bien dans un certain petit monde, indispensable à son naturel déploiement. De fait, c’est le genre d’exercice impossible quand l’on prétend s’acoquiner avec la FI. Bref, l’occasion en tout cas de reprendre du service. Le style fait l’homme, c’est bien connu. On ne change pas de style même en cinquante ans, sur le temps d’une vie.
Bizarrement, la petite plume n’a pas raté son coup.

Le tableau qu’elle brosse de la FI, pourtant, j’adore. Il y est question de néo-babos qui réclament la retraite à cinquante ans et la fin du nucléaire, de libertaires.. Il serait également question de gens dont le QI est inversement proportionnel à la volonté de nuisance – et à la capacité de faire du bruit sur les réseaux. En soi, cela ne constitue pas une critique. A condition de considérer que la volonté de nuisance des militants de la FI est quasi nul, il y a de quoi se réjouir puisque cela signifie que ce sont les gens les plus intelligents qui soient. Il y est question d’obsédés. Encore quelqu’un qui confond obstiné et obsédé. Sans doute à cause d’une projection.

Jusqu’au ton désabusé qui évoque un corbillard, après l’ambulance. Eh oui, un corbillard ! C’est que c’est drôle un corbillard ! Songez aux films qui traitent de ce sujet grave : l’enterrement. La plupart du temps, l’enterrement y correspond au moment le plus drôle du film. Certains enterrements sont plus drôles que certains baptêmes. Pour tout dire, un enterrement est généralement plus drôle qu’un baptême. La raison en est simple. Un enterrement, ce sont souvent des problèmes en moins. Un baptême, c’est souvent un problème supplémentaire. Un couple y gagne quelquefois sa survie, mais quelle survie ! Bien sûr, lors d’un enterrement l’on perd une personne que l’on aime, en tout cas parfois, l’on est inconsolable. Mais voilà, quand on est plusieurs à être inconsolables, généralement, à force de ne rien comprendre, on est drôle, on dit des choses idiotes, on s’embrasse et on chante, on fait la fête.

Bref, une authentique image d’Épinal.

Cette plainte qui se veut acerbe, eh bien, elle m’a presque mise de bonne humeur. J’aime bien moi un parti qui ne ressemble à rien. À rien qu’on connaisse en tout cas. J’en ai côtoyé des partis, et bien, c’est fou comme les gens s’y prennent au sérieux et sont prodigieusement ennuyeux. Même les plus souriants, les moins arrogants. Tous ont les cheveux courts, souvent coupés en brosse. Le cas d’un mathématicien de LREM est un cas unique. Du reste, on n’en entend plus parler.

Un ramassis de punks à chien, voilà comment la FI est décrite par le ci-devant Ambroise. Les islamophobes y seraient la cible de critiques. Sans blague. Cherchez l’erreur. La seule explication, c’est qu’ Ambroise s’est gouré, il a confondu la FI et le FN, ou ce qui en tient lieu. Un peu comme, pendant la guerre 40, des nationalistes se sont engagés dans la résistance chez les communistes en espérant faire d’une pierre deux coups : se battre pour leur pays et transformer les communistes en grenouilles franchouillardes et capitalistes. Le quiproquo dure encore. Certains confondent encore gaullisme et communisme.

Pour le sieur de Rancourt, la FI n’aurait pas de structure intellectuelle et serait peuplée d’arrivistes. Il veut sans doute parler du manque d’autorité centrale capable d’imposer une politique, bref, de nommer, dégommer, décider à la place des autres, d’en faire de la choucroute. Ou alors il fait allusion au naturel qui permet de faire passer des idiots pour des gens intelligents. À la FI, je le concède, c’est l’inverse, ce sont des gens intelligents qui passent pour des idiots.

Si une structure fait défaut, c’est aux Français eux-mêmes, pas à la FI. Il y a bien le vieux comité des Forges, toujours en activité, un peu comme l’Etna, ou comme le Nyiragongo. Mais on ne peut guère parler à son sujet d’intelligence. Il s’agirait plutôt d’une sorte d’habitude. Il fait partie des organes économiques qui portent une part de responsabilité dans le déclenchement de la seconde guerre mondiale.
Il y a aussi la vieille garde colonialiste toujours prête à fondre sur n’importe quel lopin de terre du tiers-monde, comme sur la Cochinchine.

Et il y a le gigantesque appareil culturo-médiatique capable de masquer, de dissimuler tout ceci sous toutes sortes d’illusions, de truquer les élections, de mentir à tout propos, et que l’on assimile à tort à de la culture et même à la culture française contemporaine, dont les jugements, les critiques sont aussi inconsistants que possible. Pour ceux qui ne passent pas leur temps dans les livres, et il n’en manque pas, et même pour les autres, quand la télé leur présente un soi-disant génie, un savant, ou un philosophe, il n’est pas toujours facile de faire la part des choses, surtout quand un chanteur de charme ajoute son grain de sel et donne raison au crétin en question. Mais qu’ils se rassurent, c’est du show, c’est aussi faux que l’assertion selon laquelle la terre est carrée. Cet appareil n’en est pas à une contre-vérité près. Il y a longtemps qu’il est perdu de réputation. S’il fait illusion, c’est grâce à eux. Il n’est pas pire que la plupart des grands écrivains du passé. La culture, télévisée ou pas, sert avant tout à raconter des sornettes, à noyer le poisson. L’appareil médiatique a beaucoup de mal désormais à assumer ses dires et ses mensonges. Aussi doué soit-il. Il se bat comme un beau diable. Il accuse l’Internet. Mais il passe son temps à se contredire.

La FI qu’on rabroue, qu’on traîne en justice, qu’on calomnie, il est vrai, manque un peu de nerfs. Mais elle n’est pas à côté de la plaque comme on a un peu trop souvent tendance à le dire partout. Elle a probablement décidé de ne pas s’ennuyer à raconter des sottises, et c’est tant mieux. C’est plutôt une chance. Espérons que ça dure. La seule chose qui explique ses soi-disant échecs, reculs électoraux, c’est justement la propension des gens à croire les bêtises qu’on raconte dans les médias. Les médias sont payés pour dire des bêtises. Ils ne s’en sortiraient pas autrement. Pour tout dire un journal aurait le plus grand mal à paraître s’il ne disait pas des bêtises. C’est cela la liberté de la presse. Beaucoup de gens continuent à les prendre au sérieux. La bataille contre la débilité organisée est difficile. Tout ça alors que la planète part en fumée et plein d’autres choses. On dirait parfois qu’elle est perdue. Peut-être. Mais le plus important est de la mener, et de continuer à la mener.

Ruffin devrait faire un voyage, comme Mélenchon. Il passe de temps en temps à Bruxelles, mais je ne suis pas certain que cela l’aidât beaucoup à prendre un peu de hauteur. Il pourrait aller faire un tour en Inde et en Chine. Cela lui ferait du bien. S’il se rend au Népal, par contre, cela va encore attiser la rumeur de hippisme chère aux esprits chagrins. Sans les hippies, le Vietnam et les USA seraient toujours en guerre.

Sans doute, le G7 n’est-il pas sans rapport avec les doutes et le travail de lèche de la dernière chance de Monsieur je ne sais comment. Car on ne peut guère attribuer au hasard la génuflexion devant le pouvoir, la force que représente son petit exercice de style. Comment appelle-t-on le genre d’attitude qui consiste à épouser la révolte, et ensuite, à se confondre en excuses, à étaler ses doutes, et à se jeter aux pieds du pape ? Il s’agit d’une méchanceté. On est d’accord. Une stupide méchanceté. Bien inutile de surcroît, en tout cas à l’en croire, puisque, selon lui, la révolte est presque déjà condamnée. Il n’y a pas là de quoi fouetter un chat.

Sauf que ce n’est pas le corbillard de la FI auquel on a affaire, mais celui de la France tout court. Et que là, c’est moins drôle. C’est la France qui s’en va. Et le chef d’œuvre que je tente d’analyser l’atteste. L’énergie déployée à Biarritz par E. Macron pour tenter de se faire passer pour l’un des dirigeants du monde qui compte, aussi. On est tenté de croire le contraire, mais cette belle énergie est trompeuse. La vérité, est que ce G7 ne change rien à rien. Il n’y a pas une thématique abordée qui ne scellât pas encore un peu plus la fin d’une époque, d’un monde, sinon celle du monde.

Quelles y furent les principales thématiques abordées?

Taxation du GAFFA. Depuis quelques décennies, l’humanité vit grâce au World Wide Web. L’Internet est une révolution exceptionnelle. Nous sommes tous connectés. Nous pouvons comprendre et aimer ce qui se déroule à Lubumbashi ou à Hanoï, assister à un défilé à Los Angeles, écouter un rap martiniquais. On peut s’informer en temps réel, et s’apercevoir que ce qu’on nous raconte n’est pas souvent aussi objectif et raisonnable qu’on ne nous le dit. Mais tout ce que ces dirigeants ridicules qui servent à fourguer de l’argent à des milliardaires trouvent à faire, c’est à discréditer les GAFFA qui, eux, ont changé la réalité, ont réellement permis au monde d’évoluer. Ne seraient-ce pas plutôt les états, les institutions, qu’il faudrait changer ? C’est décevant. Je les aime bien les GAFFA. Privés souvent de job, de famille, ils sont un peu ma famille. Tandis que les gouvernements représentés au G7 fourguent des millions aux journaux qui relaient leurs théories monstrueuses et aux entreprises qui licencient, ils veulent taxer les GAFFA qui sont le seul moyen existant de les contredire et de conserver la tête hors de l’eau. C’est nul. C’est moche. Et se servir d’un jeune président pour tenter de faire passer cela pour une bonne nouvelle, c’est encore plus moche. Il est certain qu’on s’efforce de préparer une guerre et qu’on a besoin de brider l’Internet, d’imposer le silence à tout le monde de manière définitive. C’est affreux. Au lieu de déclarer que l’Internet doit demeurer libre, ouvert à tous, à toutes les différences.

On nous parle aussi des relations économiques entre la Chine et les U.S.A.. Mais rien ne perce, tout demeure confidentiel. Pour tout dire, on dirait presque qu’on cherche un moyen de faire pression sur la Chine pour qu’elle accepte sans broncher les sanctions américaines. Mais, évidemment, on ne le dit pas. Ce serait trop extraordinaire. Bref, on renoue avec la vieille politique de la canonnière, avec le commerce inégal, une vieille spécialité occidentale. Même si on ne le dit pas. On veut bien que les Chinois bossent, mais comme des coolies, pas comme des travailleurs normaux, et pas pour des Chinois, mais pour des patrons anglais, allemands, français, américains, comme au siècle passé. Rien de très réjouissant, quels que soient l’impact de la Chine par exemple sur la déforestation en Afrique ou ailleurs. Je signale en passant que cet impact n’est pas pire que celui des Occidentaux et des banques de Paris ou de Londres qui investissent dans les accaparements de terre massifs en Afrique et ailleurs. L’Occident a une sérieuse avance dans ce domaine.

Pas un journal ne relève ce genre de contradictions. Pas un commentaire qui ne serve pas d’encart publicitaire pourtant à un sommet plus que fâcheux comme il s’en réunit de plus en plus souvent. C’est cela, oui, parlons de Hong Kong et critiquons la F.I.., les lâches !

L’on a eu droit à un invité surprise : un ministre iranien. Mais que c’est drôle. Comme c’est surprenant. Il est sûr que, si une guerre éclate, on en imputera la faute à l’Iran, pour l’instant menacé par tous les dirigeants les plus débiles et parmi les plus puissants qui soient, par trois ou quatre puissances nucléaires à la fois. À part cela, l’Iran devrait, lui, se passer de l’arme nucléaire. On est en train de faire un pas de plus en direction de la troisième guerre mondiale.

Bref un sommet de cons. Et le contribuable français qui en assure les frais et qui en est en même temps une des cibles ne voit pas bien à quoi se raccrocher justement, à part à la guerre, pour sauver sa peau. C’est le moment de sortir les drapeaux. Peut-être qu’on vivrait mieux comme avant, sans Internet, se disent certainement certains. Sans Libé non plus. Avec le Figaro.

Bref, adieu oui, mais adieu la France, j’ai envie de dire : éternellement conne.

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