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2 réponses

  1. de kerckhove dit :

    Salut, cher ami.
    J’espère que tu te portes bien. Je voulais te soumettre une question concernant un « sans-papier ». Il a un nom tout de même, Saad et est migrant et donc sans papiers. Algérien, résident chez un marchand de sommeil peu empathique ici à Bruxelles, en voie rapide de se retrouver à la rue. Il lui est arrivé une mésaventure avec la police à la sortie d’une mosquée près de la place Jourdan. Fouillé par la police dans l’impossibilité de fournir une pièce d »identité, la police saisit tout ce qu’il possède, environ 3000 euros gagnés par de petits boulots éreintants et, à présent sans le sous. Le PV l’accuse de blanchiment d’argent. C’est un personnage très sympathique, bien élevé qui m’assure n’avoir rien à voir avec un quelconque trafic et ne rien comprendre à cette accusation de blanchiment. Je suis persuadé de sa bonne foi et que la police l’a tout bonnement raketté. Cela dit il n’a aucune haine et n’a pas été injurié par les flics, subit une forme manifeste de racisme, et il ne se voit pas aller se plaindre au MRAX, comme je le lui ai suggéré. As-tu une idée pour le sortir d’affaire et éventuellement lui trouver un squat de migrant? J’ai son numéro de portable et nous pourrions le rencontrer si tu as le temps.
    Bien à toi.
    Arnould

    • Paul Willems dit :

      Bonjour Arnould,

      Il ne se passe pas de jour sans que je n’entende une terrible histoire de la part de quelqu’un dans la rue. Sans parler de sdf que je connais bien, que je vois tous les jours, et qui se contentent de me demander si je n’ai pas une pièce. J’ai déjà entendu parler du racket de sans-papiers, et même de sans-abri, par la police.
      Il m’est arrivé une mésaventure très semblable à la tienne, il y a à peine quelques semaines. Un Malien, résidant au petit-château, avec une femme et deux enfants. Il venait de recevoir un ordre de quitter le territoire et devait se rendre en Italie à ses frais. Il n’avait bien entendu pas un rond. Il n’avait pas non plus sur lui le papier lui enjoignant de quitter le territoire. Comme je téléphonais à une amie qui connaît le Mali et qui a des amis maliens, il s’en est allé.
      Il y a une bonne semaine, un sdf m’a expliqué qu’on lui avait tout volé, son argent, ses papiers. Il était en train de refaire ses papiers. Mais cela traînait parce qu’il fallait activer sa carte et qu’il lui fallait attendre de recevoir ses codes. En attendant, il ne pouvait pas faire refaire l’abonnement dont il bénéficie grâce au C.P.A.S.. Je lui ai donné 2 euros. Ce n’est rien. J’aurais voulu lui parler plus longtemps. Mais il est toujours très difficile d’entrer en communication avec des inconnus.
      Il y a deux jours, une femme d’une petite cinquantaine d’années me demande 10 euros pour manger. Elle demande directement une somme. Elle s’accroche. Et comme je lui propose une partie des victuailles que j’ai dans mon sac, elle m’explique qu’elle a une fille et qu’elle voudrait lui acheter une poupée pour Noël. Enfin, je ne sais plus pour quelle raison, elle m’explique que sa fille est grande et qu’en fait, elle voudrait lui acheter une poupée en porcelaine parce qu’elle en fait collection. Je lui ai dit en riant qu’elle ferait mieux de lui acheter Le manifeste communiste et de faire la révolution et la dame s’est enfuie en me regardant avec un air désapprobateur.

      Tu voudrais que je te donnes l’adresse d’un squatt. Les squatts que je connaissais ont été vidés, les habitants du 123 sont en train de négocier. Je n’en connais pas d’autre pour le moment. Tous rencontrent de grandes difficultés. Beaucoup de réfugiés doivent constamment chercher un endroit où loger. L’équipe qui s’occupe des occupants du Parc Maximilien est toujours active. Elle fait un boulot formidable. Elle offre des repas gratuits. Les gens sont souvent logés. Le mieux est d’y envoyer ton ami et d’aller toi-même proposer ton soutien à cette fantastique équipe.

      Pour moi, il manque avant tout un parti avec un programme cohérent pour loger les sdf et les réfugiés, pour abolir cette législation monstrueuse qui a tendance à criminaliser ceux qui leur viennent en aide, pour mener une politique étrangère qui ne consiste pas à tout faire pour appauvrir d’autres peuples, le tiers-monde. Mais il faudrait être très courageux pour pénaliser des multinationales, ou des banques qui financent des accaparements de terre, ou des achats d’armes. Cela suppose un changement radical de cap et de politique. Bref une révolution. On ne change pas de cap sans faire de révolution. Il y a longtemps qu’un tel parti aurait dû voir le jour. Quand on voit cependant toutes les difficultés que rencontre le seul PTB, qui est loin pourtant de proposer des réformes tellement originales, on imagine sans peine les difficultés qu’il y aurait à construire un tel parti.

      Je suis convaincu que plein de gens qui font quelque chose ne désirent pas fondamentalement que les choses changent. Tout est fait pour les en dissuader. Tout en ayant l’air d’avoir le coeur sur la main, en faisant état de sa générosité, cette société combat la solidarité avec acharnement. Elle empêche qu’elle ne s’organise et tente de désorganiser celle qui et organisée.

      On pourrait également mettre sur pied une coopérative d’habitation et prévoir de la place et un statut pour des sdf. Cela aussi semble, cependant, impossible. Il y a des années que je suis des formations, que j’essaie de réunir, de rassembler des gens, mais tout ce que je tente de mettre sur pied à ce niveau tombe en morceaux. A vrai dire, il faut d’énormes compétences économiques et juridiques pour construire une société de nos jours. Et ceux qui ont ces compétences ne s’intéressent pas souvent aux sdf.
      Le CPAS s’y est mis également. Il fait réalisr une étude pour savoir s’il est envisageable de fonder une coopérative ou une ASBL, de trouver des subsides et d’acheter des bâtiments pour y loger des sans-abris.. et des précaires. Mais tout cela est très difficile. En fait, on ne permet pas de prendre des initiatives. On marche sur des œufs. POUR L’ESTABLISHEMENT LE COÛT DU LOGEMENT EST UNE MANIÈRE COMMODE DE FAIER PRESSION SUIR LE MONDE DU TRAVAIL Il existe des centaines d’associations dont le coût de fonctionnement est faramineux et les résultats complètement anecdotiques. Elles ne proposent que des demi-solutions. Un staff d’une dizaine de personnes ne réussit à recaser que quelques sdf chaque année.

      Il faut reconstruire tellement de choses. À commencer par l’enseignement. J’ai eu une longue conversation à ce sujet avec la mère d’Elias, l’ami d’Antonin.

      Bonne chance

      Paul

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