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Un blog qui décortique les faits

Avanti popolo!

Peut-être réussirai-je un jour à déposer à la banque Carrefour des entreprises les statuts de l’Exclu, du Plumitif, journal qui paraît quand c’est possible. Mais quelquefois je me demande pourquoi je ferais cela. Il y a des blogs très célèbres, très importants, même si la plupart d’entre eux sont célèbres parce que leur auteur est célèbre, et que cela seul fait que leur avis a un certain poids.

Dans mon cas, pour avoir un certain poids, il faudrait d’abord que je devienne célèbre. Il suffirait que je termine un de ces innombrables bouquins dont j’ai commencé la rédaction, dont j’ai déjà conçu la mise en page, trouvé le titre, mais qui n’évolue pas, qu’il semble impossible d’achever, de publier, pour le devenir un petit peu. Il y a trente ans que j’essaie. Mais, à force de décortiquer les faits, je ne trouve jamais le moyen de me faire comprendre, ou plutôt entendre. Il me paraît très difficile de publier un livre. Il y a quarante ans que j’essaie de publier un poème sur la décolonisation du Congo et que je me plante. Même si, dans ce poème, je critique les coloniaux, les mousquetaires de l’Étoile comme je les appelle, j’ai sans doute trop tendance à parler des coloniaux, et pas assez des Congolais. Pourtant, ce sont eux les principaux concernés. Je dois dire qu’en l’occurrence, je n’ai pas suffisamment décortiqué les faits. Décortiquer les faits n’a rien d’une sinécure. Quand je prétends décortiquer les faits, cela veut dire que j’explore une toute petite partie d’entre eux.

Dans une autre brochure, je m’efforce d’expliquer par exemple qu’un système publicitaire comme la démocratie est incapable de résoudre certaines difficultés. Là encore, je n’ai décortiqué qu’une partie des faits. J’ai bien vu qu’on avait affaire à un système publicitaire et qu’il est toujours nécessaire de donner des raisons à ceux qu’il concerne de faire leur publicité, ou la publicité de quelque chose. Mais, pendant que l’on consacre de l’énergie à faire de la propagande pour changer certaines choses, d’autres les développent et en tirent profit au point qu’ils finissent par ne pas du tout avoir envie de les changer. Cela les soulage de savoir que d’autres se préoccupent de plein de choses excepté de leurs affaires. Bien sûr, il en est vaguement question, mais tellement vaguement, qu’ils ne risquent pas grand-chose. Et ils sont assez malins pour que ceux qui en savent davantage sur leurs opérations exultent à l’idée de les aider à prospérer. Ils en profitent pour faire à leur façon de la publicité pour la démocratie et leurs principaux soutiens dans le monde de la publicité (de la politique) passent même pour ses principaux défenseurs. C’est précisément de cette manière qu’ils se moquent du monde de sorte qu’il est très difficile de critiquer la démocratie bourgeoise, même si cela fait des siècles que son impuissance et sa duplicité crèvent les yeux et font à la fois rire et pleurer.
Mais, pour publier cette brochure, je me heurte à un autre problème, à l’impossibilité de me servir du langage académique qui est de mise quand on rédige un ouvrage théorique. C’est un peu comme si l’on prétendait sauter à la perche sans s’inscrire à une compétition, sans entrer en rapport avec les arbitres, sans tenir compte de tout le décorum et le tintouin qui accompagnent n’importe quelle compétition athlétique, sans se présenter le bon jour dans le stade où elle se déroule pour disputer la compétition. Pire, c’est un peu comme si on fabriquait soi-même une perche pas forcément plus grande, mais plus élastique et plus solide, que le règlement bien sûr interdisait.

Écrire un livre est tout aussi compliqué que créer un magazine.
Je rigole, mais en attendant, il faudrait que ça bouge un peu, que je trouve autre chose à faire, qu’une autre possibilité se présente pour tenter de partager mes idées.

En attendant, j’en suis arrivé à concevoir de telles versions des faits des principaux évènements actuels et récents que, même si j’étais un super écrivain, pas un simple plumitif,il me serait difficile de m’en tirer.
C’est que, dès qu’un auteur propose une autre lecture des faits que celle dans laquelle se vautrent les journaux, il se fait vite ranger dans le camp du complot. De nos jours, il y a de quoi se planter, et pas à moitié, même quand on est extrêmement doué. Par contre, le seul fait de dire la même chose que des millions de gens fait penser à certains qu’ils ont tout compris, qu’ils maîtrisent parfaitement un sujet. En fait, il n’en est rien.
Tout cela fait que je ne vois rien d’autre à faire que de partager mes idées dans un blog. C’est pour cela qu’un blog c’est super. Qu’on y accorde pas toute l’attention requise ou pas, cela soulage d’écrire ses idées, de mettre ses pensées en forme.
Pour faire du Plumitif un vrai magazine, il me faudrait aussi trouver quelques dessinateurs, des caricaturistes, bien décidés à se moquer de l’ONU, de l’OTAN, de tous ces grand machins qui nous pourrissent la vie, qui disent n’importe quoi.

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